Sciences / Life

Le sonar des dauphins et des chauves-souris fait appel à des gènes similaires

Temps de lecture : 2 min

Des chercheurs ont mis en évidence l’existence d’un phénomène d’«évolution convergente» qui serait plus répandu que prévu chez les mammifères.

Un dauphin à gros nez (Nasa).
Un dauphin à gros nez (Nasa).

L’évolution n’a pas fini de nous étonner. Qu’elle conduise des espèces différentes à développer des solutions similaires n’est guère surprenant; l’extraordinaire diversité du vivant doit s’adapter à un nombre limité d’environnements. Mais que ces solutions fassent appel à des gènes et même des réseaux de gènes similaires chez deux espèces aussi différentes que les dauphins et les chauves-souris est beaucoup plus surprenant.

C’est pourtant ce qu’a découvert une équipe de biologistes du Queen Mary College de l’université de Londres, dirigée par Stephen Rossiter et Joe Parker. Les chercheurs font état de leurs travaux dans un article publié par la revue Nature le 4 septembre en décrivant le phénomène troublant baptisé «évolution convergente». «Ces résultats impliquent que l’évolution moléculaire convergente est beaucoup plus répandue qu’on ne le pensait précédemment», note Frédéric Delsuc, un phylogénéticien du CNRS à l’université de Montpellier, cité par Nature mais qui n’a pas participé à l’étude.

Les chercheurs anglais ont cherché des traces d’évolution convergente en analysant pas moins de 805.053 acides aminés présents dans 2.326 séquences génétiques partagées par 22 mammifères, dont six espèces de chauves-souris et un dauphin à gros nez. L’équipe a observé une «signature de convergence» dans pas moins de 200 régions des génomes de l’ensemble des espèces.

«De forts et significatifs signes de convergence ont été relevés chez les chauves-souris et les dauphins à gros nez dans de nombreux gènes liés à l’audition ou à la surdité et cohérents avec le développement d’une implication dans l’écholocalisation», expliquent les chercheurs dans leur publication. Ils font également état de leur surprise en découvrant des convergences concernant la vision au sein de l’ensemble des espèces étudiées.

Derrière la diversité apparente, il existerait ainsi des évolutions convergentes. Cela signifie que la sélection naturelle conduit, dans certains cas, à des solutions génétiques identiques pour résoudre un problème particulier. Le sonar des chauves-souris et des dauphins permet à ces deux espèces de se diriger sans faire appel à la vue, d’où la possibilité de se diriger et de chasser la nuit pour les chiroptères et de détecter à distance la présence de proies pour les dauphins.

Il reste à expliquer ce phénomène de convergence de l’évolution génétique. S’agit-il d’un simple effet du hasard, ce qui peut paraître improbable, ou bien la sélection naturelle obéit-elle à des règles particulières pour aboutir à des solutions aussi similaires?

M. A.

Michel Alberganti

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