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Quelle est la meilleure façon de tomber enceinte?

Emily Oster, mis à jour le 04.09.2013 à 17 h 59

Sur les mérites comparés de trois méthodes pour détecter l’ovulation

Pregnant profile IV / Mahalie Stackpole via Flickr CC License by

Pregnant profile IV / Mahalie Stackpole via Flickr CC License by

On connaît tous quelqu’un qui décide d’arrêter de prendre la pilule, de laisser les choses se faire naturellement, et qui tombe enceinte deux semaines après. J’aimerais pouvoir dire que j’ai abordé ma propre maternité avec la même décontraction. En réalité, je m’y suis préparée avec la détermination d’un coureur de marathon: le parcours est peut-être sympa, mais tout ce qui m’intéresse, c’est la ligne d’arrivée.

Comme à chaque fois que je m’engage dans une activité ayant un but ciblé, je voulais être sûre de faire tout ce que je pouvais pour parvenir à mes fins. J’ai donc commencé par prendre ma température tous les matins. Ceci est une vieille technique pour traquer sa période de fertilité: elle se base sur le fait que la température de votre corps le matin est légèrement plus élevée pendant la seconde moitié de votre cycle menstruel -après l’ovulation-, que pendant la première moitié. En gardant une trace de votre température, vous pouvez donc en principe savoir quels sont les jours où vous êtes plus fertile.

Dans les livres que j’avais lus, les graphiques de température étaient superbes: des températures basses au début du mois, une forte hausse pendant un jour, puis des températures élevées pour le reste du mois. Mes graphiques, à côté, ressemblaient à un projet d’arts plastiques réalisé par un élève de maternelle. J’ai bien fini par tomber enceinte, mais le thermomètre n’y était pour rien. Quand j’ai commencé à écrire mon livre Expecting Better quelques mois plus tard, je me suis donc demandé si j’avais été la seule à lutter.

Trois méthodes efficaces

Il existe trois méthodes communément utilisées pour détecter l’ovulation: prendre votre température, analyser votre glaire cervicale (la sécrétion produite par votre col de l’utérus) ou, un peu plus high-tech, faire pipi sur un test d’ovulation. Bien-sûr, vous pouvez aussi associer les trois méthodes, ou encore vous servir d’une appli. En principe, les trois techniques fonctionnent. La question, c’est de savoir si elles marchent aussi en pratique.

On en apprend un peu plus en jetant un œil à cette étude, publiée dans le journal Fertility and Sterility à la fin des années 1990. Les participantes ont utilisé ces trois différentes méthodes pour tenter de repérer le jour de leur ovulation, tandis que des chercheurs pouvaient détecter la véritable période à l’aide d’ultrasons.  

La méthode de la prise de température a plutôt bien fonctionné, mais je n’étais visiblement pas la seule à la trouver imparfaite. Telle qu’elle fut utilisée par les femmes de l’étude, elle réussit à identifier la bonne période d’ovulation dans 30% des cas. Un tiers du temps, la méthode détectait l’ovulation un jour avant qu’elle ne se produise. Or, la veille de votre ovulation est également un bon moment pour tomber enceinte, donc techniquement, si vous aviez eu des rapports sexuels à la date indiquée par votre graphique, vous auriez eu 60% de chances de réussite.

La deuxième technique, celle où l’on regarde la consistance de sa glaire cervicale -qui, lorsque vous ovulez, est transparente et un peu visqueuse, comme un blanc d’œuf-, a eu à peu près les mêmes résultats. L’analyse de la glaire, ou «méthode Billings», a détecté la bonne date d’ovulation dans 50% des cas. Dans une autre étude, qui se focalisait uniquement sur cette technique, le jour de l’ovulation était correctement repéré pour 34% des femmes, et le jour d’avant, pour 25% d’entre elles.

Les tests d'ovulation fonctionnent à 100%

Enfin, nous en venons aux tests d’ovulation. Ces derniers marchent très bien. Dans l’étude Fertility and Sterility, ils ont détecté la bonne période d’ovulation dans 100% des cas. L’inconvénient, évidemment, c’est qu’il faut les acheter.

Alors, est-ce vraiment important de détecter l’ovulation? Oui, plutôt. D’après ces données très détaillées sur des couples -y compris à quel moment précis ils ont eu des rapports sexuels et s’ils ont réussi à se reproduire- nous savons que tomber enceinte est uniquement possible au cours des cinq ou six jours qui précèdent et incluent votre ovulation. Si vous vous y prenez bien, vous avez donc toutes vos chances. Le taux de grossesse pour le jour ou la veille de l’ovulation est de 30%, contre 10% pour les cinq jours précédents. Aucune femme, dans l’étude citée plus haut, n’est tombée enceinte plus de cinq jours avant la date d’ovulation.

Alors, devriez-vous vous détendre et laisser le hasard, votre température corporelle ou votre glaire cervicale déterminer la date de votre grossesse? Cela dépend si vous êtes pressée ou non, j’imagine. Mais si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté, un conseil, allez faire pipi sur l’un de ces bâtonnets.

Emily Oster

Traduit par Anaïs Bordages

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