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Comment les coloc ont remplacé les époux

Slate.fr, mis à jour le 04.09.2013 à 11 h 51

Maquette d'une maison à structure bois au Salon des professionnels de l'immobilier à Cannes en 2009. REUTERS/Sebastien Nogier.

Maquette d'une maison à structure bois au Salon des professionnels de l'immobilier à Cannes en 2009. REUTERS/Sebastien Nogier.

Fut une époque, un individu d'un peu plus de vingt ans ne vivant plus chez ses parents vivait en compagnie de son époux/épouse. Il vit désormais avec ses copains (si ce n'est pas des inconnus).

C'est le constat dressé par The Atlantic: «en 1968, 6% des jeunes entre 18 et 31 ans vivaient avec des colocataires avec lesquels ils entretenaient des relations platoniques, selon l'institut Pew Research. L'immense majorité (85%!) des Américains qui avaient quitté le foyer familial ou les logements universitaires avaient emménagé avec leur conjoint». Voilà que désormais les colocataires ont remplacé les conjoints.

Qu'est-ce qui a changé? Les Américains sont plus nombreux à faire des études, et l'augmentation du nombre de femmes qui font des études et travaillent a changé la donne. «Alors que de plus en plus de femmes étaient diplômées, l'âge moyen du mariage a grimpé continuellement jusqu'à la fin de la vingtaine. Tandis que la contraception, et notamment la normalisation de la pillule a presque éliminé les chances de tomber enceinte par hasard, permettant aux femmes de s'investir avec assurance dans leur vie professionnelle et de reporter le moment du mariage sans s'inquiéter d'une grossesse non désirée qui aurait pu faire dérailler leur carrière. Tandis que pour les femmes aux bas salaires, les taux de mariage ont décliné pour des raisons plus discutées.»

En France, l'âge moyen au premier mariage a progressé en dix ans de 1,5 an pour les hommes et de 1,8 an pour les femmes, pour s'élever respectivement à presque 32 ans pour les premiers, et 30 ans pour les secondes en 2012, selon l'Insee. Et depuis les années 90, les colocations ne cessent de croître. En 2000, Le Monde expliquait que si ce mode d'habitat avait longtemps été l'apanage d'étudiants ayant dû quitter le foyer pour des raisons géographiques, de plus en plus de jeunes actifs aux salaires trop bas pour avoir leur propre appartement, ou un appartement assez grand, devaient se résoudre à un tel mode de vie.

Récemment, les vieux s'y mettent aussi: «Venu du nord de l'Europe, le partage d'un appartement entre seniors commence à se développer en France, notamment par l'intermédiaire d'associations ou de sites Internet. Antidote à la solitude, réponse à la baisse du pouvoir d'achat, alternative à la maison de retraite, cette formule a de nombreux atouts».

En Ile de France, selon le site EasyColoc reprenant des chiffres Fnaim de 2010, on estime entre 10 et 15% la part de la population vivant en colocation, dont 1/3 de jeunes actifs, 1/3 d’étudiants et 1/3 de personnes ayant entre 35 et 49 ans.

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