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Les films pour enfants doivent-ils renforcer le culte de l'estime de soi?

Laszlo Perelstein, mis à jour le 02.09.2013 à 17 h 14

Capture d'écran du film Dumbo / The Walt Disney Company

Capture d'écran du film Dumbo / The Walt Disney Company

Petit, un enfant veut être astronaute, pompier ou président de la République. Il avance la tête remplie de rêves, suivi par ses parents qui le soutiendront envers et contre-tout. Il ne connaît pas l’échec, il est persuadé qu’il parviendra au but qu’il s’est fixé car il a une estime très haute de lui-même. Trop même pour Luke Epplin de The Atltantic qui accuse les films pour enfants de «renforcer le culte de l’estime de soi».

Si les enfants d’aujourd’hui ont l’impression qu’ils peuvent faire n’importe quoi de leur vie, ce serait donc en partie à cause des dessins animés de Disney, Pixar ou encore Dreamworks. Epplin prend pour exemple deux films avec des «intrigues identiques» sortis très récemment au cinéma, Turbo et Planes, qu’il résume ainsi:

«Comme dans Dumbo, le film tourne autour d’un proscrit anthropomorphe qui doit dépasser les limites de sa société ou de son espèce pour réaliser ses rêves impossibles. De façon uniforme, le handicap du protagoniste devient sa force principale.»

Monstres Academy, Kung-Fu Panda, Cars et tant d'autres films similaires dans lesquels les actions des protagonistes «font partie intégrante de la philisophie qui privilégie l’accomplissement personnel sur le bien commun». Ce propos ne serait finalement que l’illustration du «narcissisme  pandémique» de l’Amérique décrit par Jean Twenge dans son livre The Narcissism Epidemic:

«Les générations les plus jeunes prennent simplement pour acquis que l’on devrait tous se sentir bien à propos de nous-mêmes, que nous sommes tous spéciaux, et que nous méritons tous de suivre nos rêves.»

Cette idée que les enfants ont une estime trop haute d’eux-même n’est pas nouvelle puisque déjà en avril 2010, Tim Elmore, fondateur d'un site sur les futurs leaders, écrivait que nous sommes dans une époque de «l’enfants désiré», soulignant que «les enfants d’aujourd’hui sont persuadés d’avoir les clés du futur entre les mains». Les adolescents de cette époque sont désormais de jeunes adultes qui veulent changer le monde mais ne travaillent pas pour cela.

Pour le plus grand bien, faudrait-il donc garder les pieds sur terre et mettre de côté ses impossibles ambitions? Mark Tapson s'oppose à cette idée sur le site Acculturated et explique que «la poursuite des rêves est bénéfique à la société». Et à ceux s'interrogeant sur le type de personnes qui contribuent le plus au bien commun, ce sont «les éternels rêveurs», répond Tapson. Les hommes et femmes comme «Steve Jobs, dont les exploits nous ont élevé plus que la somme de toutes les société solidaires».

Laszlo Perelstein
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