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Le dress code de Wall Street

Anaïs Bordages, mis à jour le 10.02.2014 à 17 h 48

Rolex et Gucci, c'est pour les nuls

Grey three-piece / Kent Wang via Flickr CC License by

Grey three-piece / Kent Wang via Flickr CC License by

A Wall Street, rien ne sert d’être brillant et ambitieux si vous n’avez pas l’attirail nécessaire pour vous faire respecter. Pour éviter un «fashion faux-pas» à ses collègues, un employé de Goldman Sachs publie ainsi dans Business Insider un dress code à l’attention des banquiers d’investissement. L’article, ponctué de citations glanées dans les ascenseurs de l’établissement new yorkais, passe en revue les détails vestimentaires à ne pas négliger. Voici ce que nous en avons retenu.

On commence par les pieds: pas de chaussures à bouts carrés, c’est pour les nuls -et les stagiaires. Tenez-vous en plutôt aux mocassins, «plus pratiques et confortables». Pensez également à renouveler régulièrement votre collection de chaussettes, en achetant «20 paires identiques tous les six mois».

Pour les chemises, pas de poches, ni de bouton de col. Et SURTOUT pas de chemisettes, même s’il fait chaud, comme le rappelait en août Marc Beaugé dans le Figaro.fr : «pour ne pas ressembler à un vendeur en électroménager, bannissez les chemisettes, surtout avec une cravate. Préférez les chemises à manches longues, mais retroussées. Oui, comme Barack Obama.»

Votre veste, elle, se doit d’être dans des tons gris ou bleu foncé. Evitez à tout prix le marron, et les vestes Gucci: «les Gucci, c’est comme les Corvette. C’est la meilleure façon de dire qu’il fut un temps où vous n’aviez pas d’argent».

Par ailleurs, si vous êtes en bas de l’échelle sociale -un stagiaire ou un analyste-, ne vous ramenez pas au boulot avec une cravate Hermès: «J’en ai rien à foutre si vous avez les moyens, une cravate Hermès, ça se mérite».

Quant aux montres Rolex, n’en déplaise à Jacques Séguéla, elles sont le signe évident de votre manque de goût et de personnalité. «Porter une Rolex, c’est comme conduire une Audi. Ca dit que vous avez de l’argent, mais que vous n’avez rien à dire».

De façon plus générale, «les alliances, les montres et les boutons de manchette sont la seule forme acceptable de bijoux pour un homme. A moins que le Dalai Lama ne vous ait donné ce bracelet, laissez-le chez vous.»

On pouvait s’en douter, le code vestimentaire à Wall Street est donc plutôt strict. Mais c’est le cas pour toutes les grandes entreprises, comme le faisait remarquer Caroline Piquet sur Slate en 2012:

«En 2004, fraîchement diplômé d’HEC, André se pointe à l’entretien d’embauche d’un cabinet d’expertise comptable en oubliant d’enlever sa discrète boucle d’oreille. “Je me suis fait laminer. Le DRH s’est senti agressé et m’a dit que ça pouvait choquer les clients.” Quelques années plus tard, il prend soin de se renseigner sur les codes vestimentaires du cabinet de conseil en stratégie qu’il souhaite intégrer. “On m’a conseillé de porter des chemises blanches ou bleu clair uniquement, cravate et costume anthracite ou noir. Sinon, tu ne passes même pas le deuxième entretien. Mais une fois en place, c’est un peu plus souple.”»

Cependant, dans certains milieux, les mentalités commencent à évoluer, notamment en ce qui concerne la cravate (pas Hermès, on vous a dit):

«Dans les fonctions commerciales et marketing, middle et top management, la cravate commence à sentir sérieusement la naphtaline. “Chez L’Oréal, il n’y en a plus depuis 2005, témoigne le chasseur de tête Eric Gandibleu, qui a lui-même tombé l’accessoire. Je m’octroie ce droit, même si j’ai un métier de représentation: costume, chemise col ouvert. La cravate tend à disparaître.”»

Prochaine étape: le jean?

Anaïs Bordages
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