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Pourquoi les moustiques nous piquent plus la nuit

Michel Alberganti, mis à jour le 01.09.2013 à 9 h 54

Mosquito bug from a lowland rainforest in W-Java / gbohne via Flickr CC License by.

Mosquito bug from a lowland rainforest in W-Java / gbohne via Flickr CC License by.

La nuit, l’attaque des moustiques est encore plus traîtresse que le jour. Ils se posent en silence, piquent et disparaissent, gorgés de leur butin sanguin. Les anophèles profitent-ils de notre immobilité ou de l’obscurité pour perpétrer leurs piqûres?

Pas sûr. D’après une étude publiée par la revue Nature (en accès libre), les moustiques de l’espèce Anopheles gambiae, celle qui véhicule le paludisme, seraient surtout capables de mieux sentir l’odeur humaine pendant la nuit.

Ces moustiques disposent, sur leurs antennes et sur certaines parties buccales, de protéines capables de concentrer les molécules odorantes et de participer à leur transport vers les récepteurs olfactifs, ce qui provoque la détection des odeurs par l’anophèle. Or, les chercheurs ont découvert que le taux de ces protéines de capture d’odeur varie au cours d’un cycle de 24 heures, et qu’il est plus élevé pendant la nuit. Cette nouvelle information pourrait modifier les modes de protection de l’homme contre ces vecteurs d’infection.

Les chercheurs de l’Institut pour la santé planétaire de l’université de Notre-Dame, dans l’Indiana, ont utilisé la spectrométrie de masse pour mesurer la quantité de protéines de capture d’odeur dans les organes sensoriels des moustiques, ainsi que des «électroantennogrammes» pour déterminer la réponse induite par les molécules odorantes de l’homme à différents moments de la journée.  

Les mesures ont confirmé la coïncidence dans le temps entre l’augmentation de la quantité de protéines de capture d’odeur, une sensibilité olfactive élevée et la pratique des piqûres. Pour l’équipe dirigée par Giles Duffield et Zain Syed, du département  de biologie, ces résultats montrent l’extrême précision du réglage de la physiologie des anophèles. La sensibilité olfactive augmente la nuit, lorsqu’ils se nourrissent, et baisse pendant la journée, lorsqu’ils dorment.

On note également l’extrême précision des mesures réalisées par les chercheurs pour détecter d’aussi infimes variations... Leurs travaux, s’ils n’expliquent pas pourquoi nous sommes aussi piqués, parfois, pendant la journée, seront sans doute utiles à ceux qui luttent contre les infections provoquées par les anophèles, qui touchent 300 millions de personnes en Afrique sub-saharienne et sont responsables d’un million de décès par an.  

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