Science & santéLife

Les foetus peuvent apprendre des mots avant leur naissance

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 29.08.2013 à 10 h 45

Sleeping Beauty / Hamed Saber via Flickr License By

Sleeping Beauty / Hamed Saber via Flickr License By

On savait déjà que les fœtus étaient capables d’entendre et de retenir certains sons: des comptines, des voyelles ou la voix de leur mère.

Une étude réalisée en 1988 avait même démontré que les bébés reconnaissaient les génériques des émissions télé que regardaient leur mère enceinte.

Mais selon une nouvelle étude, écrit Science News, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, un fœtus peut aussi détecter et se souvenir de mots entiers.

Le cadre expérimental lui-même est plutôt drôle. Eino Partanen, de l’université d’Helsinki, et ses collègues ont choisi le mot inventé et très enfantin «tatata». Ils ont demandé à 17 femmes enceintes de jouer une piste enregistrée sur laquelle une voix de femme prononçait le mot magique en boucle.

Le rituel devait être répété six à sept fois par semaine tout au long du troisième trimestre de grossesse. A un volume suffisant pour rendre difficile une conversation à côté, pour que le foetus ait une chance d'identifier les sons: «si vous mettez vos mains sur votre bouche et que vous parlez, vous obtiendrez un son très similaire à la situation du fœtus» qui écoute une voix humaine, explique Eino Partanen.

Parfois, la voix prononçait une version altérée de «tatata», avec par exemple une syllabe modifiée. Au total, les fœtus avaient été exposés 25.000 fois au fameux mot avant leur naissance.

Cinq jours après leur naissance, poursuit Science News, les nouveaux nés ont écouté les enregistrements à nouveau. Les chercheurs ont réussi à démontrer l’apprentissage du mot grâce à une mesure de l’activité cérébrale des bébés.

Quand on leur passait la version normale du mot, les bébés qui avaient été exposés à l'enregistrement montraient un signal neuronal de reconnaissance. Les bébés réagissaient aussi à la version altérée du «tatata», qui déclenchait une activité neuronale qui est celle des adultes quand ils apprennent quelque chose de différent, comme une langue étrangère.

Evidemment, ce genre de résultat peut donner aux parents des idées pour que leur progéniture soit entraînée le plus tôt possible, en prévision de la compétition scolaire. Cependant, il ne sert pas à grand-chose de réciter les tables de multiplication ou les déclinaisons latines à un fœtus. Trop de bruit pourrait de plus entraver le développement de l’enfant et interférer avec ses cycles de sommeil, explique Science Mag.

En revanche, les résultats de l'étude pourraient peut-être être appliqués au traitement précoce de la dyslexie, s'il s'avère qu'entendre certains sons in utero accélère l'apprentissage du langage, «mais c'est un gros "si"», note le chercheur.

 
Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte