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Les rageux vont-ils rager? La réponse scientifique

Cécile Dehesdin, mis à jour le 28.08.2013 à 19 h 03

Si vous êtes friands de l'Internet, vous aurez sûrement déjà lu la phrase «haters gonna hate» (aussi littéralement que possible, les haineux vont haïr, ou les rageurs vont rager, les détesteurs vont détester).

C'est une des grandes maximes du web, généralement utilisée pour affirmer qu'on se fiche bien de ce que vont dire les rageux, de toute façon ils vont rager.

Cette phrase, souvent utilisée à notre grand bonheur accompagnée d'images qui lui correspondent particulièrement bien, l'est toujours de façon affirmative, tel un présent de vérité générale. Haters gonna hate, c'est comme ça et puis c'est tout.

Il fallait bien des scientifiques pour s'arrêter et poser la questions: les rageux vont-ils rager? Autrement dit, est-ce que les gens qui ont tendance à la détestation vont rager contre tout ce qu'ils découvrent?

Rassurez-vous: oui, l'internet avait raison, haters gonna hate.

Dans une étude [PDF] publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, Justin Heplera, de l'université de l'Illinois, et Dolores Albarracinb, de l'université de Pennsylvanie expliquent:

«Si vous voulez savoir ce que quelqu'un ressent à propos de la sécurité sociale, est-ce utile de savoir s'ils aiment l'architecture? A première vue, la réponse semblerait être non. Après tout, la sécurité sociale et l'architecture sont des stimuli indépendants avec chacun leurs propriétés uniques, donc les attitudes face à ces deux choses devraient aussi être indépendantes puisqu'elles seront basées sur des considérations différentes. Cependant, même quand on considère des objets aussi distincts que la sécurité sociale et l'architecture, il reste un facteur critique qu'ont en commun ces attitudes: l'individu qui les ressent.»

Ils ont demandé à leurs cobayes leurs sentiments à propos de tout un tas de sujets sans aucun rapport, comme l'architecture, les vélos, le camping, l'eau en bouteille, l'Amérique, les chiens, faire des mots croisés, le rugby, les sandwichs, le goût du sirop pour la toux... Le but étant de comprendre si les gens avaient tendance à bien aimer ou ne pas aimer les choses en général, explique le Washington Post.

Après avoir ainsi constitué un groupe de haters et un groupe de lovers, les chercheurs ont demandé aux participants leurs sentiments à propos d'un faux micro-ondes pour lequel ils avaient créés une présentation-test. Résultats: les haters se sont beaucoup moins emballés pour le micro-ondes que les lovers. L'étude ne dit cependant pas pourquoi les rageux ragent.

Certaines personnes ont donc tendance à ne pas aimer grand chose dans la vie, tandis que d'autres ont la tendance inverse. Autrement dit, lovers gonna love. Malheureusement pour nous, les premiers commentent davantage que les derniers sur Slate...

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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