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La Vénétie veut sauver le vrai tiramisù

Lucie de la Héronnière, mis à jour le 04.09.2013 à 15 h 23

Tiramisu/ Vincent Wei via Flickr CCLicence By

Tiramisu/ Vincent Wei via Flickr CCLicence By

Le tiramisù aux fruits rouges, aux spéculoos ou au citron est souvent à la carte de restaurants d’Italie et d’ailleurs. Un énorme sacrilège pour Luca Zaia... Le président de la région Vénétie se bat pour que l’Union européenne protège le tiramisù «des falsifications aux fraises», explique le Guardian.

Pour lui, le tiramisù a besoin d’une certification sérieuse qui grave dans le marbre la liste exacte des ingrédients, la même que le jour de l’invention du dessert, selon lui dans un restaurant de Trévise dans les années 1970. Ceci dit, cette version est controversée, puisque d’autres récits assurent par exemple que le tiramisù a été créé au XVIIème siècle, en l’honneur du Grand Duc de Toscane.

Pour le conservateur Luca Zaia, «il est juste et bon de demander la reconnaissance de cette spécialité régionale», car elle «est menacée par de trop nombreuses versions qui ne rendent pas justice à l’engagement et à la créativité de son lieu de naissance», relate la Repubblica.

Le politicien voudrait que le «vrai» tiramisù de Trévise soit labellisé, comme ce fut le cas pour la pizza napolitaine. En 2009, la Commission européenne a attribué le statut de «spécialité traditionnelle garantie» (STG) à la pizza napolitaine, «contraignant les fabricants à respecter un strict cahier des charges pour se prévaloir de ce label», signalait alors l’AFP.

Autrement dit, des normes précises sur les matières premières, la préparation de la pâte, le fromage, l’assaisonnement, la cuisson... Aujourd’hui, tout le monde peut toujours utiliser l’appellation «pizza napolitaine», mais pas le signe d’identification «STG» ni le logo qui orne les «vraies» napolitaines respectant ces règles. 

A l’époque, Luca Zaia était d’ailleurs ministre de l’Agriculture de Berlusconi. Il s’était bien sûr réjoui de cette décision, «une grande victoire pour l’Italie».

La «STG», label européen créé en 1992, met en valeur une composition ou un mode de production traditionnels et pas forcément une origine. Mais Luca Zaia entend quand même mettre en valeur par la même occasion sa région, sa gastronomie et son industrie agro-alimentaire.

En France, seules les «moules de bouchot» ont obtenu ce label.

Lucie de la Héronnière
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Journaliste
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