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Les études comportementales américaines sont généralement exagérées

Les études à la con se divisent en deux catégories.

Le hoax, assez rare, qui est une légende urbaine du net diffusée par les médias, un cas dans lequel l'étude concernée peut bien souvent ne même pas exister.

Et il y a l'autre catégorie, beaucoup plus courante, celle des études qui existent bien mais sont franchement bancales ou non généralisables ou dont les conclusions sont baclées, voire exagérées, et sujetes à moqueries («selon une étude américaine»). Et ce sont ces dernières qui sont mises sous les feux des projecteurs...d'une nouvelle étude américaine (et Ecossaise). Cette dernière est rapportée par le Guardian.

«Les scientifiques qui étudient le comportement humain sont plus susceptibles de déclarer des réultats éxagérés ou accrocheur s'ils sont basés aux Etats-Unis, selon l'analyse de plus de 1.000 études en psychiatrie et génétique. Ce biais pourrait être du à la culture de la recherche aux Etats-Unis, expliquent les auteurs de l'analyse, qui tend à récompenser en priorité les scientifiques pour la nouveauté et l'impact immédiat de leur travail plutôt que sa qualité ou sa contribution à long terme au champ scientifique.»

Daniele Fanelli, de l'Université d'Edimbourg et John P. A. Ioannidis, chercheur à Stanford, ont observé des études en chimie, en biologie, en génétique, et plus généralement des études comportementales (effets de drogues, psychologie,etc).

Premier contast, les études ayant pour résultats des aspects ou des paramètres comportementaux sont plus souvent exagérées que les autres. Ils ont par la suite conclu à un «effet U.S.» Ils pointent notamment un champ scientifique américain soumis à une forte concurrence et une demande de résultats probants et innovants qui pousse les chercheurs à exagérer leurs résultats. Le Guardian rappelle que cet effet est à relativiser, il n'est que légèrement perceptible, mais Daniele Fanelli y voit un symbole de problèmes rencontrés par la recherche américaine.

Interrogé par le Guardian, le psychologue Chris Chambers de l'Université de Cardiff rapelle qu'en psychologie ces problèmes sont largement connus et que les principaux scientifiques du champ tentent de mettre en place des outils de contrôle plus efficaces. 

En juillet, trois chercheurs américains avaient publié les résultats d'une enquête montrant que le nombre de recherches scientifiques rétractées (résultats indiqués comme inutilisables dans des recherches futures et mention précisant que l'étude n'aurait pas du être publiée) était en augmentation. 

«Depuis 2000, il y a un déclin progressif du temps mis pour rétracter un article [...] Cette évolution a affecté la fraude et la simple erreur au même degré, suggérant qu'il y a désormais moins de barrières à la rétractation.»

Ainsi, il y a de fortes chances pour que la fraude pure et simple soit de plus en plus aisément et rapidement détectée et sanctionnée. En ce qui concerne les exagérations plus difficiles à observer, Chris Chambers appelle les autorités, financeurs, instituts, à lire attentivement les conclusion de Fanelli et Ioannidis.

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