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Mort d'un stagiaire à la City: peut-on mourir de manque de sommeil?

Un homme endormi à Bryant Park, Manhattan, 2011, Timothy Krause by FlickrCC License by

Un homme endormi à Bryant Park, Manhattan, 2011, Timothy Krause by FlickrCC License by

Le 20 août, la mort mystérieuse d’un jeune stagiaire de la banque d’affaires Merrill Lynch après trois nuits passées à travailler jusqu’à l’aube a choqué la City. Le rythme effréné imposé à Moritz Erhardt, 21 ans, aurait-il provoqué sa mort?

À l’heure actuelle, impossible de l’affirmer. Le corps du jeune homme a été retrouvé dans sa douche par ses colocataires, et la cause du décès est encore inconnue. Selon certaines sources, Moritz Erhardt était épileptique. Or, le stress et le manque de sommeil contribuent à augmenter le risque de crise d’épilepsie, et il existe une probabilité – certes très faible – de mort soudaine inattendue dans l’épilepsie. Mais au delà de ces cas très particulier, peut-on mourir de manque de sommeil?

Slate.com s’était posé la question en 2009, en pleine polémique sur les méthodes d’interrogatoires de Guantanamo, incluant notamment la privation de sommeil. Dans un premier temps, l’absence prolongée de sommeil –à partir de 24 heures éveillé– entraîne de légers changements hormonaux: les taux de cortisol et de TSH augmentent, conduisant à une augmentation de la tension artérielle. La température du corps baisse et les défenses immunitaires diminuent.

Bien qu’on n’ait jamais prouvé qu’un être humain soit mort de manque de sommeil, les recherches effectuées sur les animaux suggèrent fortement cette possibilité. Dans les années 1980, un chercheur de l’Université de Chicago a mené une expérience sur des rats; au bout de 32 jours sans sommeil, tous les rats étaient morts, mais les scientifiques ne sont toujours pas d’accord sur les causes de leurs décès. Trois hypothèses sont avancées: hypothermie, infection bactérienne due à la baisse des défenses immunitaires ou dérèglement cérébral. 

Tout porte à croire que la même expérience conduirait à un résultat similaire sur des hommes. Pour des raisons éthiques évidentes, aucune expérimentation scientifique sur des humains n’a dépassé les trois jours de privation de sommeil. Les données sur les plus longues durées sont tirées d’anecdotes et de sondages.

Sans aller jusqu’à des cas aussi extrême, le simple manque de sommeil –nuits trop courtes– peut avoir des conséquences néfastes sur la santé, comme le montre ce graphique de Health Central, selon lequel une simple semaine de sommeil insuffisant peut dérégler nos réactions au stress, nos défenses immunitaires et l’état général de notre santé.  

 

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