L'open space n'est ni agréable... ni efficace

Un Harlem Shake d'entreprise (capture d'écran)

Un Harlem Shake d'entreprise (capture d'écran)

L’organisation des travailleurs en open space, larges espaces ouverts où s’alignent les postes informatiques des salariés, est devenue la norme dans l’économie contemporaine. Elle est au XXIème siècle ce que l'organisation tayloriste du travail était au siècle précédent.

Deux arguments sont mis en avant par les employeurs et les spécialistes pour louer les vertus de l’open space. D’abord, c’est moins cher. Ensuite, la communication entre les salariés est accrue et l’esprit d’équipe est renforcé. Ce qui ne manque pas d'ironie, comme le note la BBC, puisque les premiers open space ont été bâtis dans une optique de contrôle et que les salariés avaient l'ordre d'y parler le moins possible entre eux...

Or, écrit le site de psychologie Research Digest, «les bénéfices supposés de l’open space ne compensent pas ses coûts» en matière d’efficacité et de satisfaction au travail.

Les chercheurs Jungsoo Kim et Richard de Dear ont publié en juin dans le Journal of Environmental Psychology les résultats d’un questionnaire fourni à des travailleurs évoluant dans différents types d’espaces de bureaux, individuels, partagés ou en open space. La satisfaction globale est la plus faible chez ces derniers, pour lesquels les effets négatifs (bruit, absence de confidentialité) dépassent les bénéfices associés à l’open space (la facilité d’interaction).

«Nos résultats sont en contradiction catégorique avec la sagesse économique selon laquelle l’open space encourage la communication entre collègues et améliore la satisfaction globale dans l’environnement de travail», concluent-ils. «L’argument en faveur de l’open space selon lequel il favorise l’enthousiasme et la productivité semble n’avoir aucune base académique».

C’est donc un nouveau mythe managérial qui tombe, après ceux, déjà auscultés par Slate, de la créativité qui serait encouragée par la collaboration et le travail d’équipe ou encore des vertus du brainstorming, méthode phare de la créativité en entreprise sévèrement remise en cause depuis quelque temps. Sans même parler de la «stupidité fonctionnelle», une forme d’absence de sens critique et de remise en question qui favorise la stabilité de l'organisation et qui paradoxalement bénéficierait aux entreprises qui vendent de l’intelligence et du service.

Partager cet article