Sciences / Life

Pourquoi vous vous souvenez de vos rêves (ou pas)

Temps de lecture : 2 min

Sleeping, 2012, RelaxingMusic via FlickrCC Licence by

Vous êtes plus susceptible de vous souvenir de vos rêves si vous réagissez vivement en entendant quelqu’un prononcer votre prénom, éveillé, que si vous êtes très difficile à déconcentrer.

La corrélation peut sembler hasardeuse mais elle est parfaitement scientifique, explique Live Science, d’après une étude publiée le 13 août dans la revue Frontiers in Psychology. Menée par le professeur Perrine Ruby et ses collègues du Centre de recherche en neurosciences de Lyon, l’expérience avait déjà fait parler d’elle à la suite de la publication de premiers résultats dans la revue Cerebral Cortex en début d’année.

Le 13 août, c’est un article plus précisément centré sur la connexion entre le rythme alpha, un rythme cérébral qui se manifeste lorsqu’une personne se détend, et le prénom, que publie Frontiers in Psychology.

Certaines personnes affirment se souvenir de leurs rêves quotidiennement, quand d’autres, comme Mason Currey, qui avait testé pour Slate en 2009 une méthode pour contrôler ses rêves, ne s’en souviennent presque jamais. C’est sur cette différence que les chercheurs ont travaillé.

L’étude a été menée sur un groupe de 36 personnes, dont la moitié se souvenait facilement de ses rêves (grands rêveurs), et l’autre moitié les oubliait presque systématiquement (petits rêveurs). Leurs réactions cérébrales ont été observées pendant leur sommeil mais aussi alors qu’elles étaient éveillées. Dans les deux cas, on diffusait une bande sonore de faible intensité énumérant des prénoms, dont les leurs. Pendant leur sommeil, les rythmes cérébraux des petits et grands rêveurs ont réagi de la même manière au son de leur prénom.

Mais les chercheurs ont été particulièrement surpris de constater une différence de réaction entre les deux groupes éveillés. En effet, ils ont observé une diminution du rythme alpha, qui correspond à un état de détente, beaucoup plus longue et prononcée chez les grands rêveurs au son de leur prénom. Autrement dit, les grands rêveurs cessaient d’être détendus en entendant leur prénom, ce qui suppose qu’il est plus facile d’attirer leur attention que celle des petits rêveurs.

Sachant que le cerveau est incapable de stocker des nouveaux souvenirs dans une phase de sommeil profond, c’est cette sensibilité accrue aux signaux extérieurs qui permettrait aux grands rêveurs de se souvenir de leurs rêves: en sortant plus facilement du sommeil profond, le cerveau profiterait des phases de sommeil paradoxal ou d’éveil pour «imprimer» le souvenir des rêves.

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