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Les gens puissants ont-ils moins d'empathie que les autres?

Florian Reynaud, mis à jour le 14.08.2013 à 12 h 09

La photo de famille du premier conseil des ministres du gouvernement Ayrault. REUTERS/Pascal Rossignol

La photo de famille du premier conseil des ministres du gouvernement Ayrault. REUTERS/Pascal Rossignol

«Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités» expliquait l'oncle Ben à son neveu Peter Parker dans Spiderman. Mais qu'en est-il de l'empathie?

NPR rapporte une étude des chercheurs Jeremy Hogeveen, Sukhvinder S. Obhi (Université Wilfrid Laurier), et Michael Inzlicht (Université de Toronto) qui estime que le pouvoir change fondamentalement la façon de fonctionner du cerveau

Les chercheurs ont divisés les participants en deux groupes [PDF]: ils ont demandé aux «puissants» de décrire un moment où ils avaient eu du pouvoir sur quelqu'un d'autre, et aux «impuissants» un moment où ils avaient été sous le pouvoir de quelqu'un d'autre.

Les scientifiques se sont penchés sur les «neurones miroirs» qui sont notamment liés à l'empathie (ces neurones sont actifs aussi bien quand vous réalisez une action que quand vous voyer quelqu'un réaliser cette action). Les chercheurs ont mesuré le niveau d'activité de cette partie du cerveau pendant la projection d'une vidéo montrant un homme malaxer une balle anti-stress.

Les neurones miroirs des personnes se sentant sans pouvoir ont été boostés devant la vidéo. Mais, explique Sukhvinder Obhi, «quand les gens se sentaient puissants, le signal n'était pas très haut du tout». Autrement dit, résume NPR, quand les gens se sentaient puissants, ils avaient réellement plus de mal à se mettre à la place des autres.

Les chercheurs notent cependant dans les limites de leur découverte qu'ils ne savent pas à quel point le fait d'écrire un moment de puissance ou d'impuissance fait que les gens se sentent puissants ou impuissants.

Daniel Engber explique quant à lui sur Slate qu'il faut faire attention aux dérives des neurosciences:

Au Royaume-Uni, le neuro-polémiste Raymond Tallis [...] s'est joint à la curée estivale en déplorant, dans les colonnes de The Observer que «des études qui isolent des phénomènes irréductiblement sociaux (…)  dans les fonctions ou les dysfonctions de bouts de nos cerveaux sont conceptuellement fausses».

Ce n'est pas la première fois qu'une étude s'intéresse aux personnes «de pouvoir». Déjà en septembre 2011, une étude assurait que les femmes les plus «dominantes» au sein du foyer avaient moins de relations sexuelles que les autres. Une autre disait que le pouvoir pourrait influencer la perception de sa propre taille. En 2010, une autre montrait que les riches ont moins d'empathie que les pauvres. Enfin, en avril 2011, une autre étude s'était intéressée au pouvoir et à ses liens avec l'infidélité.

«Ce que montre l'étude, c'est que plus la personne bénéficie d'un poste haut placé dans la hiérarchie, plus elle a de chances d'avoir trompé son partenaire, ou a l'intention de le faire. Et ce, que la personne soit un homme ou une femme. Le sexe ne semble donc pas avoir d'influence sur l'infidélité.»

Florian Reynaud
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