La première école de «programmation informatique poétique» va ouvrir à New York

Jen Lowe, l'un des fondateurs de The School of Computation, a participé à ce projet de visualisation des courants des vents. Source: Vimeo

Jen Lowe, l'un des fondateurs de The School of Computation, a participé à ce projet de visualisation des courants des vents. Source: Vimeo

The School for Poetic Computation, ou école de «programmation informatique poétique», ouvrira à l’automne 2013 à New York et proposera à quinze étudiants un cursus de dix semaines (5.000 dollars) pour construire des projets informatiques qui mettent plus en avant le plaisir, la beauté et la surprise générés par ordinateur que la seule efficacité pratique, relate le blog high-tech du New York Times, Bits. On est assez loin, ironise le New York Times, des compétences professionnelles qui amènent le succès, la sécurité de l’emploi et même peut-être quelques stock options...

Prenant le contre-pied des écoles de programmation qui enseignent des modules très professionnalisants, comme «Comment créer une appli mobile», les fondateurs affirment vouloir «promouvoir un travail plus étrange, irréalisable et magique». Un autre rapport au code, perçu comme une porte d’accès aux mondes de l’art, du design, de la poésie et de la rêverie.

Pour le New York Times, le projet est une sorte d’adaptation de l’approche pédagogique de Robin Williams dans Le Cercle des poètes disparus au monde de la programmation. Ses fondateurs, qui ont un pied dans le monde de l’art et l’autre dans l’univers informatique, se sont illustrés dans la réalisation de tels projets. Comme Zach Lieberman, à l’origine de Eye Writer, un dispositif qui a permis à un grapheur célèbre de Los Angeles atteint de paralysie de taguer avec les mouvements de ses yeux.

Reste que la notion de programmation poétique prête à plusieurs interprétations. Pour les fondateurs de la School for Poetic Computation, les choses sont claires: il s’agit de générer l’impact émotionnel de la poésie à travers des projets qui utilisent l’informatique. Pas d’écrire des haïkus en code.

La programmation utilisée à des fins artistiques est une pratique aussi ancienne que l’informatique. La question de savoir si le code pourrait être considéré comme une poésie pour lui-même est par ailleurs fréquemment sujet à controverse.

Dans un article publié sur le site Crickey par Daniel Golding en 2012, «Pourquoi le code n’est pas de la poésie», l’auteur rappelle ce qui interdit à ce langage d’être considéré comme poétique:

«Le code est peut-être le seul langage existant qui fait exactement ce qu’il dit qu’il fera. C’est un langage pour l’action […] le code, en tant que tout, est une tentative de fournir un langage qui agit sans interprétation. Il n’y a pas de zones grises dans le code.»

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