Double XLife

Les longs trajets domicile-travail nuisent à votre couple (mais ne le condamnent pas)

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 30.09.2013 à 11 h 20

Traffic jam on the sofa / Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier via Flickr CC Licence By

Traffic jam on the sofa / Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier via Flickr CC Licence By

Moins d’interactions sociales, plus de stress, des problèmes de sommeil accrus... On savait déjà grâce à l’université de Lund en Suède et au magazine The Atlantic que les trajets quotidiens domicile-travail de plus de 45 minutes avaient des incidences sur la santé, on apprend à présent grâce à la chercheuse suédoise Erika Sandow (et toujours à The Atlantic) que la santé des couples souffre aussi des conséquences des longs trajets pendulaires.

En suivant les trajectoires de millions de Suédois entre 1995 et 2005, la chercheuse de l’université Umea a observé que le risque de séparation était de 40% supérieur pour les couples dont un des membres effectuait un trajet pendulaire d'au moins 45 minutes.

Mais rassurons-nous: il en va des longs trajets domicile-travail avec le couple comme de la science avec Dieu: un peu nous éloigne de lui, mais beaucoup nous y ramène (attribué à Louis Pasteur).

Car le risque descend et devient quasiment comparable à celui encouru par les autres couples quand le trajet a été effectué depuis au moins 5 ans... C’est la première année de trajet qui est la plus dangereuse pour la stabilité du couple. Moralité: continuez à rembourser votre crédit et accrochez-vous au volant en écoutant Rires et Chansons au besoin pour garder la patate, ça finira par s’arranger.

A noter que selon Erika Sandow, quand il est porté par la femme du couple, le fardeau du trajet domicile-travail est un risque moindre. Les femmes concernées avaient dans l’étude une réduction de 8% de probabilité de voir leur couple se rompre sur la durée de l’observation.

En revanche, Erika Sandow note que les longues distances sont bénéfiques pour le salaire et les opportunités de carrière, mais... cela se vérifie surtout pour les hommes. L’une des raisons de cette disparité est qu’une femme prend plus fréquemment un travail moins qualifié et plus proche de la maison afin de s’occuper des enfants et de les amener quotidiennement à l’école, au piano ou à quel que soit le loisir pratiqué en Suède le mercredi.

Plus sérieusement, l'objectif de telles études est aussi, comme l'explique son auteure, de rappeler que «bien que l'expansion des bassins d'emploi régionaux soit bonne pour la croissance, il y a des coûts sociaux liés aux longs trajets qui devraient être pris en compte dans le débat sur leur accroissement».

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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