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Chez les femmes, mal dormir accélère le vieillissement de la peau

Girl sleeping / RelaxingMusic via FlickrCC License by

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Hier, il fallait souffrir pour être belle. Aujourd’hui, il suffit de dormir pour le rester plus longtemps. Telle est la conclusion d’une étude dermatologique menée aux Etats-Unis et financée par un célèbre fabricant américain de cosmétiques.

On est loin d’avoir pris la mesure de tout l’éventail des bienfaits du sommeil. Une nouvelle démonstration vient d’en être apportée par un groupe de chercheurs des hôpitaux universitaires du Case Medical Center de Cleveland (Ohio). Ils parviennent à la conclusion qu’il existe bel et bien (comme certains le supposaient) une relation étroite en le sommeil et la santé de la peau. Plus précisément, entre la qualité du sommeil et celle de la peau. Apportée chez la femme, cette démonstration a été présentée lors d’une rencontre internationale de dermatologie,  l’International Investigative Dermatology Meeting, organisé en mai à Edimbourg.

Cette recherche a été menée à l’initiative du fabricant de cosmétiques, Estée Lauder. Elle est la première à démontrer de façon concluante que le manque de sommeil est associé à une dégradation de l’état de santé de la peau et à une accélération de ses processus internes de vieillissement. On commence à découvrir la somme des effets négatifs inhérents à la privation chronique de sommeil –il faudra désormais y ajouter ses effets cutanés.

Les femmes privées de sommeil montrent des signes de vieillissement cutané prématuré et une diminution de la capacité de la peau à récupérer après l'exposition au soleil. Telle est en substance la conclusion à laquelle parvient le Dr Elma Baron, qui dirige le Centre d'étude de la peau de l'UH Case Medical Center, par ailleurs professeur agrégé de dermatologie à la Case Western University.

Relâchement des tissus

Comment parvient-on à une telle conclusion? Son équipe a réuni soixante femmes pré-ménopausées âgées de 30 ans à 49 ans. Ces femmes ont dans un premier temps rempli un «journal de sommeil» et environ la moitié d’entre elles déclaraient avoir un sommeil de mauvaise qualité –le fait a été vérifié à partir de la durée moyenne de leur sommeil associée à l’indice de qualité de Pittsburgh.

» Vous pouvez faire le test en répondant à ce questionnaire [PDF]

Toutes les participantes étaient d’autre part volontaires pour que l’on procède à une évaluation clinique de leur peau ainsi qu’à plusieurs tests non invasifs –dont l’exposition à la lumière UV. Un score de vieillissement de la peau a ainsi pu être attribué sur la base d’une échelle standardisée (dite Scinexa), les scores les plus élevés correspondant aux aspects les moins jeunes.

Au total les chercheurs constatent des différences statistiquement significatives selon la qualité du sommeil. C’est ainsi qu’un sommeil de mauvaise qualité apparaît clairement associé à des signes objectifs accrus de vieillissement cutané: plus de ridules, plus de différences de pigmentation, relâchement des tissus cutanés associé à une perte de son élasticité. Des tests plus approfondis ont confirmé le phénomène en s’attachant à évaluer la capacité de la peau à être une barrière contre les pertes en eau. Le score moyen de vieillissement de la peau est de «2,2» chez les femmes satisfaites de leur sommeil contre «4,4» chez celles qui passent de mauvaises nuits.

Plus séduisantes

Ce n’est pas tout: les sommeils de bonne qualité sont associés à une meilleure faculté de récupération face aux différents stress que peut subir notre peau. Ainsi la guérison d’une inflammation localisée due à un coup de soleil (soit la disparition de la rougeur douloureuse) est plus longue de 30% chez les mauvaises dormeuses que chez celles qui jouissent d’un bon sommeil.

On ajoutera que l’indice de masse corporelle des femmes mauvaises dormeuses était en moyenne significativement plus élevé que celui des autres. Il apparaît enfin que la propre perception de la qualité de sa peau et de son visage est significativement meilleure lorsque l’on a des nuits de sommeil récupérateur. En d’autres termes, les bonnes dormeuses se jugent elles-mêmes plus séduisantes que les mauvaises.

Et les hommes?

Les conclusions du groupe à l’origine de ce travail n’étonneront guère. «Cette étude montre pour la première fois, que la mauvaise qualité du sommeil peut accélérer des signes de vieillissement de la peau et affaiblir la capacité de la peau à s’auto-réparer durant la nuit,  a fait valoir le Dr Daniel Yarosh, chargé de la recherche et du développement du groupe Estée Lauder. Ces liens entre le sommeil et le vieillissement de la peau sont désormais étayées par des données scientifiques solides. Ils auront des conséquences profondes sur la façon dont nous étudions la peau et ses fonctions. Nous considérons aussi que ces résultats peuvent orienter notre recherche scientifique vers les besoins réels de nos clientes qui veulent paraître et se sentir sous leur meilleur jour.»

Dans l’attente, les femmes inquiètes et concernées trouveront là des raisons pour chercher à retrouver un sommeil de qualité –si possible sans avoir recours à des médicaments. Retrouver le plaisir de dormir, en somme.

On observera pour finir que le groupe Estée Lauder ne répond pas ici à une question importante: les résultats observés chez les femmes sont-ils transposables aux hommes? En toute logique la question ne devrait pas laisser insensibles les géants de la cosmétologie puisqu’il semble acquis que les hommes accordent aujourd’hui une attention croissante à la qualité de leur revêtement cutané.

J.-Y.N.

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