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Si vous likez cet article, vos amis ont de grandes chances de le faire aussi

Margaux Leridon, mis à jour le 09.03.2014 à 14 h 44

Bouton «like» sur Facebook, 2010, SEO via FlickrCC Licence by

Bouton «like» sur Facebook, 2010, SEO via FlickrCC Licence by

En mars, on vous expliquait à quel point vos «likes» reflétaient votre personnalité:

«Les chercheurs arrivent à identifier assez fréquemment les enfants de divorcés, les personnes qui se droguent ou à différencier les homosexuels des hétérosexuels par leurs seuls likes.»   

Si ces résultats sont très impressionnants, d’autres chercheurs, du Massachussetts Institute of Technology, se sont interrogés sur notre libre arbitre dans le «likage». Nos «likes» ne sont-ils dictés que par notre personnalité, ou nous sont-ils soufflés par les «likes» de notre entourage?

Pour Sinan K. Aral, un des chercheurs ayant mené l’étude, «le battage médiatique peut marcher», rapporte le New York Times. C’est du moins ce que montrent les résultats de leur expérience, publiés dans la revue Science.

Menée sur un site d’information, l'étude recueillait les notes positives et négatives assignées aux commentaires des lecteurs, selon un système similaire à celui de YouTube, où on peut «liker» ou «disliker» les commentaires.  

De façon complètement aléatoire, certains commentaires ont bénéficié d’une première note artificiellement positive (un «like»), d’autres d’une première note artificiellement négative (un «dislike»). Un groupe témoin de commentaires n’avait pas de note artificielle. Les résultats de l’étude montrent qu’un utilisateur a 32% de chances supplémentaires de «liker» un commentaire qui avait reçu un premier «like», alors même que celui-ci lui avait été assigné totalement au hasard, sans rapport avec la qualité de son contenu. Les commentaires qui s’étaient vu assignés des «dislike» ont obtenu les mêmes résultats que ceux qui n’avaient pas eu de note artificielle.

Ainsi, un contenu (commentaire, article, vidéo...) «liké» une première fois aura plus de chance de l’être à nouveau qu’un autre, qui n’aura pas encore reçu d’approbation publique, indépendamment de leurs qualités respectives.  Néanmoins, et de façon plus surprenante, l’inverse ne se vérifie pas: un contenu disposant d’une première note négative ne se verra pas assigner plus d’opinions négatives qu’un contenu n’ayant pas été noté.

Ces résultats remettent en question la fiabilité des notations que l’on trouve sur des sites comme Yelp ou Amazon, et la pertinence, sur Internet, de la théorie de la sagesse des foules. On peut d’ailleurs soupçonner des professionnels du marketing de les avoir anticipés, et d’en avoir tiré les conclusions nécessaires sur la façon d’attirer une attention positive sur leurs produits. 

Margaux Leridon
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