Sciences / Life

Vous aimez l’odeur de la bière ou du bleu? Votre ADN y est pour quelque chose

Temps de lecture : 2 min

Danish Blue Cheese/ Stuart Webster via Flickr CCLicence By
Danish Blue Cheese/ Stuart Webster via Flickr CCLicence By

Vous adorez l’odeur de la coriandre alors que votre voisin de tablée trouve que ça sent la vieille punaise écrasée (et va donc détester votre superbe ragoût parfumé)? C’est peut-être parce que vos ADN sont différents, expliquent deux études néo-zélandaises publiées dans la revue Current Biology et relayées par le Los Angeles Times.

La perception du goût vient des papilles, et de bien d’autres facteurs. Mais surtout, ce sens est en partie complété par l’odorat (pas complètement: «le système rétro-olfactif (celui qui fait que votre odorat complète votre goût) n’est responsable que de 20% du goût», expliquait le docteur Timsit dans un article sur l’anosmie publié ici en 2012).

Que les «expériences sensorielles des aliments» varient d’une personne à l’autre n’est pas nouveau. Certains ne supportent pas l’odeur du chou-fleur, et refusent donc d’ingérer tout gratin de ce légume. D’autres adorent le fumet et le goût des endives. Les chercheurs du New-Zealand Institute for Plant and Food Research, dirigés par le généticien Richard Newcomb –qui a beaucoup étudié l’odorat chez les insectes– ont donc cherché à trouver d’éventuels liens génétiques expliquant cela.

Pour l'expérience, 187 personnes ont senti dix odeurs, à des intensités variables, en prenant des notes sur ce qu’ils sentaient, et sur ce qu'ils ne sentaient pas ou pas bien, relate aussi le Washington Post. Puis, l’ADN de chaque cobaye a été étudié, pour regarder si des séquences du génome, liées à des récepteurs olfactifs qui tapissent nos cavités nasales, pouvaient être corrélées à des variations de la sensibilité pour certains arômes particuliers.

Résultat, les chercheurs ont trouvé une «base génétique statistiquement significative» pour quatre des dix parfums (plus précisément pour leur composante aromatique principale, qui prend le dessus dans le bouquet d’arômes): le malt (donc la bière), la pomme, le bleu (le fromage), et la violette.

La sensibilité peut parfois changer les notes d’un parfum. Ainsi, ceux qui avaient un sens accru de la violette la percevaient florale et parfumée, tandis que les individus moins sensibles à la fleurette la décrivaient aigre et acide.

Comme les humains peuvent détecter près de 10.000 odeurs, «l’odorat est une expérience hautement personnalisée», tout comme le goût, donc.

Même si d'autres études viennent plus tard confirmer ces résultats, chaque sujet possède de nombreuses combinaisons possibles de sensibilité aux odeurs. Ça se complique pour du vin, par exemple, qui peut dégager des centaines d’arômes différents.

Lucie de la Héronnière Journaliste

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