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LinkedIn: trop belle pour être ingénieure?

Margaux Leridon, mis à jour le 06.08.2013 à 9 h 56

Coding / hackNY via FlickrCC License by

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Non, ce n’est pas une blague. Comme on peut le lire sur the Daily Dot, LinkedIn a réellement supprimé les annonces de l’entreprise Toptal parce que les visages féminins choisis pour les illustrer étaient trop glamour pour être ceux d'ingénieures web.    

C’est du moins la seule chose que l’on puisse déduire des explications sibyllines de LinkedIn, reproduites en intégralité par Taso du Val, de Toptal, dans un post de blog indigné. Contacté par les principaux intéressés pour savoir pourquoi leurs annonces avaient été supprimées, LinkedIn a en effet mentionné les plaintes de nombreux utilisateurs au sujet des images de femmes utilisées, et a conseillé à Toptal de remettre en ligne les annonces en utilisant «des images différentes, en lien avec le produit».

Sauf qu’en l’occurrence, le «produit» dont Toptal faisait la promotion, c’était son service de consultants en développement web, et que les photos féminines prises pour les illustrer, c’étaient celles d’ingénieures de leurs équipes.

Dans son post «pour la défense des femmes ingénieures», Taso Du Val reconnaît avoir parfois recours à des photos tirées de banques d’images, que ce soit pour les visages masculins ou féminins. Il insiste sur le fait qu’il n’y a rien de condamnable là-dedans, dès lors que les photos choisies sont celles de personnes à l’attitude professionnelle et sympathique.

Une justification seulement annexe dans la mesure où c’est la photo d’une vraie ingénieure de Toptal qui a visiblement provoqué le problème.

Capture d'écran, floue, de l'annonce. Taso du Val publie également une photo, nette, de l'ingénieure en question

Et lorsque l’on lit certains commentaires suscités par le post de Taso Du Val, on commence à croire que LinkedIn a été honnête en affirmant avoir reçu des plaintes d’utilisateurs. Visiblement, d’après certains individus, il suffit qu’un bout de votre épaule dépasse sur une photo pour que vous ayez l’air de «faire l’amour à la caméra» et que votre portrait soit considéré comme «sexuellement suggestif».

Cette anecdote désespérante devrait finalement bien se terminer, puisque, selon Taso Du Val, LinkedIn, «après mûre réflexion et un examen minutieux de toutes les annonces», les a assuré qu'elles pourraient être republiées (à l'heure à laquelle nous écrivons, la page «produit» de Toptal est toujours vide, nulle trace des annonces).

On en garde néanmoins un goût amer. Dans notre article Vingt-heures dans la vie d’une gameuse, on évoquait déjà ces «(…) histoires de femmes, conceptrices et développeuses, qu’on pelote ou qu’on prend pour des hôtesses d’accueil lors de salons, des femmes à qui on demande “passez moi le responsable” ou “quelqu’un qui sait vraiment de quoi il parle”».

Margaux Leridon
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