Science & santéLife

«The Angry Therapist», le psy en ligne à la sauce Tumblr

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 05.08.2013 à 12 h 28

Source: The Angry Therapist

Source: The Angry Therapist

Depuis 2010, les choses ont beaucoup évolué pour John Kim et son blog The Angry Therapist, pionnier dans la pratique de la télépsychothérapie ou psychothérapie en ligne.

Son blog, auquel The Atlantic consacre un article, est désormais une véritable «communauté en ligne» et John Kim, un Américain d’origine coréenne qui réside à Los Angeles, gère à présent plus de 100 clients et 3.000 «followers».

Un hang out sur Google (une conversation vidéo en ligne) avec le thérapeute coûte 90 dollars (environ 68 euros) de l’heure, 25 dollars (19 euros) s’il s’agit d’une session de groupe.

John Kim en plein «hangout». Source: The Angry Therapist

Spécialisé dans les thérapies de couple et de famille, Kim fait partie de ces nouveaux thérapeutes qui se font plutôt appeler «life coach» pour contourner l’encadrement législatif américain, pour le moment assez drastique vis-à-vis de la pratique en ligne. Par exemple, une loi interdit l’usage des soft de Google et Skype, jugés pas assez sécurisés.

Aujourd'hui, The Angry Therapist adopte une approche cool et «tumblrisée» de la culture psy, et John Kim le décrit ainsi: 

«Un espace sur lequel vous pouvez reconstruire votre soi à travers les autres. Vous y trouverez des forums de discussions sur les relations, la rencontre, l’amour, le travail, la vie, aussi bien que des groupes en ligne en temps réel, auxquels vous pouvez prendre part depuis chez vous.»

Source: The Angry Therapist

Mais c’est aussi «une marque en ligne avec une équipe, des t-shirts, des slogans, des e-books et des mèmes», souligne The Atlantic. L’originalité du Angry Therapist est qu’il se met beaucoup en avant, et qu’il parsème son blog de petits textes ou de pensées pleines de sagesse typiquement new age.

Source: The Angry Therapist

L’American Psychological Association's (APA), association professionnelle des praticiens américains, doit voter un ensemble de règles de bonnes conduites pour encadrer le développement de la e-thérapie. De nombreux sites de thérapie en ligne ont par ailleurs vu le jour en France, comme l’écrivait sur Slate Marc Oeynhausen en 2012. Et les mêmes questions se posent aux professionnels.

Michel Botbol, psychanalyste et secrétaire général de l'association française de Psychiatrie, rappelait par exemple qu’un thérapeute en ligne «peut gagner sa vie tout en restant tranquille chez soi. J’espère qu’il y en a qui ont l’honnêteté de dire cela». Car si la thérapie à distance a des avantages pour le patient, elle est aussi, et peut-être surtout, une bonne affaire pour le praticien.

Comme le rapporte le site Mashable, une étude récente de l'université de Zurich, comparant des patients en dépression modérée traités par thérapie classique ou thérapie en ligne, a conclu à une efficacité comparable des deux méthodes.

Mais ni John Kim ni les autres thérapeutes du web ne traitent de troubles psychiatriques sévères: hallucinations, délires, risques suicidaires, pour lesquels la situation du face à face et la prise en charge médicale s'imposent.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte