Économie / Life

Le dilemme du prisonnier a enfin été testé... sur des prisonniers

Temps de lecture : 2 min

Cells, beleto via Flickr, CC-Licence-by
Cells, beleto via Flickr, CC-Licence-by

Les humains sont-ils moins égoïstes, calculateurs et méfiants que ne le supposent certaines théories économiques lorsqu’ils agissent en société?

Les chercheurs Menusch Khadjavi et Andreas Lange du département d’économie de l’université de Hambourg ont testé, sans doute pour la première fois, le célèbre dilemme du prisonnier sur des prisonnières d’un pénitencier de Basse-Saxe ainsi que sur des étudiants, relate Business Insider. Leurs résultats complets seront publiés en août dans la revue Journal of Economic Behavior & Organization. Et ces résultats sont surprenants.

Le dilemme du prisonnier, le plus célèbre de la théorie des jeux, démontre normalement que face à une incertitude concernant le choix d’un autre individu, le premier a intérêt à le trahir.

Comme l’explique dans la vidéo ci-dessous Emmanuel Petit, professeur de sciences économiques, le dilemme du prisonnier vous met dans une situation où vous avez rationnellement intérêt à avouer en espérant que l’autre n’avouera pas, c’est-à-dire, transposé dans la vie quotidienne, à être par exemple le petit malin qui ne paie pas sa redevance télé tout en se disant que de toute manière, les autres le feront…

Dans le cas fictif du dilemme du prisonnier, les participants risquent jusqu'à 10 ans de prison. Or dans l'expérience réalisée en Allemagne, le risque qu'encouraient les participants était bien plus limité et ne se calculait pas en années supplémentaires de prison. L’enjeu était de gagner des euros pour les étudiants, des cigarettes et des cafés pour les prisonnières.

Or il s’est avéré que dans les deux configurations du jeu, simultanée ou séquentielle (quand on joue plusieurs fois), les participants ont coopéré plus que prévu.

En particulier, les prisonnières ont coopéré dans 56% des cas lors de la première partie, c’est-à-dire dans le cas où il est impossible de connaître la réaction de l’autre, et dans lequel lui faire une confiance aveugle est le plus risqué. Les étudiants n’ont coopéré que dans 37% des cas, alors qu’on aurait pu penser que la prison rend les gens plus méfiants et moins susceptibles de faire confiance à leurs codétenus.

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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