Égalités / Life

Eromega, sex-shop pour femmes à Istanbul

Temps de lecture : 2 min

Un sex-shop à Istanbul, 2009, Jorge Miente via FlickrCC Licence by

Un dimanche après-midi à Istanbul, Alyson Neel part à la recherche pour Roads and Kingdom de ce qui se présente comme un phénomène bien particulier: un sex-shop pensé pour les femmes et tenu par une femme.

A quoi cela peut-il bien ressembler, dans un pays où les sex-shops n’ont pas le droit de s’installer en rez-de-chaussée, et où la sexualité féminine est présentée par les autorités comme une activité purement reproductive (incitations des femmes à avoir au moins trois enfants, remise en cause du droit à l’avortement, volonté du ministre de la Santé de ne plus vendre la pilule du lendemain que sur ordonnance, etc.)?

En tout cas, pas aux autres sex-shops, espère la journaliste, qui garde un assez mauvais souvenir des premiers qu’elle a visités, et dont les propriétaires semblaient considérer son entrée dans leurs boutiques comme une autorisation au harcèlement.

De fait, Eromega ne ressemble pas aux autres sex-shops stambouliotes. D’abord parce que contrairement à eux, il n’ouvre qu’à des heures normales pour une boutique, c’est-à-dire ni la nuit, ni le dimanche. La journaliste remet donc sa visite au lendemain.

«Je ne suis pas certaine de ce à quoi je m’attendais en rencontrant une propriétaire de sex-shop turque, mais je ne m’attendais pas à ce que j’ai trouvé: une personne qui ressemble à ma mère.»

Coopérative mais discrète, la personne en question lui donne son prénom, mais pas son nom de famille, et ne répondra plus à ses messages après leur unique entretien. Comme l’explique le Docteur Guluk Bacanak, de l’Institut turque de santé sexuelle, à la journaliste, la sexualité reste un réel tabou en Turquie:

«(…) Vous ne pouvez pas parler explicitement de sex-shop, c’est considéré comme honteux, explique-t-elle, ajoutant que beaucoup de ses patients expriment de la curiosité à ce sujet, mais n’osent pas aller voir par eux-mêmes. Quand la société turque commencera à voir la sexualité comme une part normale de l’existence, on acceptera de parler de sex-shop ouvertement.»

Eromega est composé de deux pièces, une pièce d’exposition et un bureau, pour la gestion. Comme l’espérait la visiteuse, la principale différence avec les autres sex-shops est que les femmes peuvent s’y rendre sans se faire harceler. Une réussite pour la propriétaire, qui rêve d’un jour où hommes et femmes se rendront dans un sex-shop comme dans n’importe quelle autre boutique.

Margaux Leridon

Newsletters

La face sombre d’internet, miroir des bien-pensances?

La face sombre d’internet, miroir des bien-pensances?

L'activisme des militants et militantes progressistes sur les réseaux sociaux est accusé d'encourager la montée de la droite radicale.

Pourquoi tant de pénis dessinés dans les toilettes des bars?

Pourquoi tant de pénis dessinés dans les toilettes des bars?

Une vidéo pour tout comprendre.

Le Canada proposera un troisième genre dans son recensement de 2021

Le Canada proposera un troisième genre dans son recensement de 2021

Le pays commence déjà à offrir d'autres options que masculin ou féminin dans certains de ses sondages.

Newsletters