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Vous n'êtes pas nés avec le vertige

Margaux Leridon, mis à jour le 19.07.2013 à 17 h 41

Départ pour l'aventure, 2008, Lars Plougman via FlickrCC Licence by 

Départ pour l'aventure, 2008, Lars Plougman via FlickrCC Licence by 

Alors qu’on pourrait croire que la peur de la hauteur est quelque chose d’inné, lié aux risques de chute, NewScientist s’intéresse aux raisons du déclenchement de cette phobie, qui n’apparaît en réalité chez l’enfant que quelques semaines après qu’il a commencé à marcher à quatre pattes.

En effet, lors de ses tout premiers déplacements autonomes, un bébé n’a absolument pas peur de la hauteur: «Les mères rapportent de manière presque universelle que leurs bébés traversent une phase durant laquelle ils dépasseraient le bord du lit ou de la table à langer si quelqu’un n’inversait pas leur trajectoire», explique à NewScience le chercheur Joseph Campos, de l’université de Berkeley en Californie, qui a mené une étude sur le sujet avec son confrère Adun Dahl.

Ce dernier a réalisé une expérience sur des bébés ne marchant pas encore à quatre pattes. Il a placé certains d’entre eux dans des voitures à roulettes qu’ils pouvaient orienter grâce à des manettes. Au bout de trois semaines, les bébés ont été placés dans une pièce dont les murs et le plafond bougeaient, pour leur donner l’impression d’être projetés en avant. Ceux qui avaient utilisé les voitures à roulettes ont beaucoup reculé à l’approche des murs, tandis que les autres ne se sont que très légèrement déplacés.

Les résultats de cette expérience suggèrent que le fait de se diriger soi-même dans l’espace apprend au cerveau à prendre en compte des éléments de notre champ visuel périphérique.

Dans une autre expérience, des enfants qui marchaient déjà à quatre pattes étaient placés dans la «pièce mouvante», puis sur une table en verre dont une moitié était opaque, et l’autre transparente. Les enfants qui avaient eu la réaction la plus forte dans la «pièce mouvante» avaient plus tendance à éviter la partie transparente de la table pour rejoindre leur mère de l’autre côté.

L’expérience pourrait aussi expliquer pourquoi un adulte a plus peur dans la bulle transparente du cockpit d’un avion qu’à côté du hublot: dans le second cas, sa vision périphérique est limitée et relativement fixe.

Il y aurait donc une relation entre notre peur de tomber et nos mouvements spontanés dans l’espace. Une relation confirmée par une étude menée par Carlos Coelho, de l’université de Queensland en Australie. Il avait découvert que les gens les plus sensibles au vertige étaient anxieux non seulement lorsqu’ils prenaient de la hauteur, mais également lorsqu’on leur demandait de se déplacer latéralement, à une distance fixe.

Margaux Leridon
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