Nous sommes au bord de la canicule

Une vague de chaleur existe aussi en Grande-Bretagne, ou, comme sur cette photo prise le 17 juillet à Washington DC, sur la côte Est des Etats-Unis. REUTERS/Kevin Lamarque

Une vague de chaleur existe aussi en Grande-Bretagne, ou, comme sur cette photo prise le 17 juillet à Washington DC, sur la côte Est des Etats-Unis. REUTERS/Kevin Lamarque

Il ne suffit pas qu'il fasse chaud pour que l'on puisse vraiment parler de canicule. Mais nous pourrions bien en connaître une petite au cours des prochains jours.

Quand il commence à faire chaud, on est souvent tenté de parler de canicule. Aussitôt, pour ceux qui s'en souviennent, les images de l'été 2003 reviennent. Pourtant, une forte chaleur n'est pas synonyme de canicule. Si c’était le cas, les zones désertiques du Sahel y seraient soumises en permanence.

En fait, pour que la canicule soit décrétée, des conditions particulières doivent être rassemblées: température maximale de la journée et minimale de la nuit, différence entre les deux et, enfin, durée de la période.

Ainsi, une canicule se caractérise par une température qui ne descend pas en dessous de 18°C la nuit et qui monte à au moins 30°C le jour dans le nord de la France. Les seuils sont de 20°C la nuit et de 35°C le jour dans le sud. Enfin, cette situation doit durer au moins trois jours ou 72 heures.   

L’écart jour-nuit de la période caniculaire est donc d’au moins 12°C dans le nord et de 15°C dans le sud. Paradoxalement, ce n’est pas la température maximale de la journée qui détermine souvent une canicule. C’est la température minimale de la nuit.

Lorsque le mot canicule est apparu, vers 1500, il venait de l’italien canicula et signifiait « petite chienne ». Il désignait alors Sirius, l’étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien. En effet, Sirius suit le Soleil, de son lever à son coucher, entre le 22 juillet et le 22 août, la période pendant laquelle on enregistrait les plus fortes chaleurs.

La définition actuelle est plus précise et elle est liée à l’impact des fortes chaleurs sur l’organisme humain, en particulier. Lorsque la température ne baisse pas suffisamment pendant la nuit, le sommeil se révèle difficile et la déshydratation devient dangereuse.

Le phénomène est à l’origine de la vague de décès qui a surtout frappé les personnes âgées en 2003, année où les pouvoirs publics ont décidé de mettre en place un « plan canicule ». D’où la nécessité de définir précisément les conditions de déclenchement de l’alerte et des mesures prévues pour réduire l’impact sanitaire. Le ministère de la Santé s’appuie alors sur l’expertise de Météo France dont les services évaluent les risques entre le 1er juin et le 31 août.


Canicules en France entre 1947 et 2012 - Source: Météo France

En 2003, la France a connu sa plus forte canicule depuis, au moins, 1947, comme le montre la carte de Météo France ci-dessus. Ce n’est pourtant pas celle qui a duré le plus longtemps : 17 jours entre le 2 et le 19 aout, contre 22 jours en 1983 ou 20 jours en 2006. Mais c’est la combinaison entre la durée et l’intensité qui l’ont rendu très meurtrière. Les estimations tablent sur 15000 décès en excès pendant les 20 premiers jours d’août 2003.

Le 12 août 2003, il a fait 39,3°C le jour et 25,5°C la nuit à Paris où la température maximale est restée supérieure à 35°C pendant 9 jours. Dans la vallée du Rhône, la température est montée à 43°C mais en baissant à 19°C la nuit. Ce phénomène extrême a été expliqué par un grand anticyclone qui a provoqué un blocage de la situation météorologique après un afflux de masses d’air très chaudes provenant du Maghreb.

A l’époque, les climatologues pensaient que le réchauffement climatique pouvait engendrer de telles canicules tous les trois ans environ. Cela ne s’est pas produit malgré quelques alertes plus brèves et moins fortes en 2005 et 2006.

Alors sommes-nous entrés dans une canicule ? Jeudi 18 juillet 2013, la température maximale à Paris a été de 28°C et la minimale de 21°C. Il a fait assez chaud la nuit mais pas assez le jour pour être conforme à la définition. Mais nous n’en sommes pas très loin. Pour aujourd’hui, vendredi, les prévisions de Météo France sont de 30°C le jour et de 20°C la nuit à Paris. En plein dans le mille… Mais il reste la durée.

Avec des prévisions de 30°C pour samedi à Paris et de 32°C dimanche, si la température de la nuit reste égale ou supérieure à 20°C, la canicule pourrait être déclarée dès la fin du weekend. D’autant que des valeurs autour de 20-32°C sont annoncées pour lundi, mardi et mercredi. Cela devrait baisser jeudi. Si Météo France a raison, ce qui arrive, nous aurons une petite canicule de 6 jours.

M.A.