Après le rosé pamplemousse, voilà le vin rouge saveur coca

Eclipse/ Cristina V via Flickr CC License by

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«Est-ce que les Français sont devenus fous?» Si Irene Virbila, du Los Angeles Times, se pose la question, c'est à cause de la nouvelle idée marketing de la société, française, Haussmann Famille: le vin au coca. Une sorte de version en bouteille du Calimucho, comme vous en avez (peut-être) bu dans des bars espagnols. Le nouveau vin aromatisé, baptisé «Rouge sucette», saveur coca, contient 9° d’alcool.

Sur le site spécialisé Beverage Daily, Pauline Lacombe, de l’entreprise française, explique la stratégie:

«Les jeunes adultes boivent tous du Coca. Leur palais est habitué à cette saveur. C’est la génération soda, ils ne sont pas habitués à boire du vin, mais du Coca, du Sprite et toutes sortes de boissons comme des alcools forts, whisky, vodka, qu’ils mélangent avec du jus d’orange ou du Coca.»

Une analyse qui pourra être jugée un peu réductrice par les jeunes qui boivent volontiers une bonne bouteille, et par ceux qui n'avalent jamais une goutte de soda... 

«Le vin aromatisé permet de sensibiliser de nouveaux consommateurs. Pour les jeunes, c’est une boisson qui aide à faire la transition entre les boissons non alcoolisées et les autres que boivent les adultes», explique-t-elle aussi sur lemonde.fr.

L’idée est donc de conquérir ces pauvres petits jeunes aux palais anéantis par les sodas, dans un contexte de chute de la consommation de vin en France (57 litres par habitant et par an en 2010 contre 160 en 1965...), et particulièrement chez ces mêmes jeunes qui sont plus attirés par d’autres breuvages.

Une logique commerciale erronée, selon Irene Virbila. «Est-ce qu’un vin aromatisé au coca destiné aux jeunes va les pousser à s’intéresser, à apprendre et à apprécier leur héritage viticole?» Pourquoi ne pas commencer plutôt avec un joli petit Côte-du-Rhône ou un Languedoc à un prix abordable?

Mais cela semble être une demande des consommateurs. En témoigne le succès des vins aromatisés et du rosé Pamplemousse en particulier... Au final, c'est la même chose: du vin, de l'eau, des arômes et beaucoup de sucre.

En mars, lemonde.fr expliquait ainsi que «la vague rose continue à envahir le rayon des boissons. Même la bière et le cidre y ont succombé».

Selon l’institut d’étude SymphonyIRI, il s’était vendu 14,4 millions de litres de vins aromatisés sur les douze derniers mois en France, contre 4,7% en 2011. Et ce, précise lemonde.fr, «alors que le produit était quasi inexistant il y a 3 ans!».

Attention, les enfants pourraient confondre...

Ces boissons posent néanmoins un problème: leur cible réelle.

C'est une boisson «au goût de bonbon. L’équilibre est parfait», lit-on sur Beverage Daily. Un peu dangereux pour un produit qui contient quand même 75% de vin?

Quand on lui demande si elle ne craint pas que cela attire une cible excessivement jeune, Pauline Lacombe répond que «ce n’est pas le but du produit». Et que l’étiquette contient les avertissements en vigueur.

Mais précise cependant:

«Ne laissez pas ces bouteilles dans le frigo quand vous avez des enfants qui ne savent pas ce que c’est.»