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Le déjà-vu expliqué par Les Sims

Margaux Leridon, mis à jour le 17.07.2013 à 11 h 56

Brain, 2009, Dierk Schaefer via FlickrCC Licence by

Brain, 2009, Dierk Schaefer via FlickrCC Licence by

Vous vous êtes sûrement déjà posé la question, après l’avoir ressenti vous-même, de l’origine de cette curieuse impression de déjà-vu qui nous envahit quelquefois dans une situation pourtant totalement inédite. The Smithsonian fait le point sur l’état de la recherche en la matière.

Considéré par certains auteurs du XIXe siècle comme une preuve de la réincarnation, le sentiment de déjà-vu fait l’objet d’études scientifiques depuis 1888. Le neurologue britannique Hughlings Jackson constatait alors la fréquence du phénomène chez certains patients épileptiques. La corrélation entre épilepsie et déjà-vu a depuis été avérée. Le sentiment de déjà-vu chez les patients épileptiques serait lié à une défaillance du lobe temporal, qui joue un rôle dans la formation de la mémoire.

Mais toute personne ressentant une impression de déjà-vu n’est pas nécessairement épileptique. On a donc cherché d’autres explications.

La neuropsychologue Anne Cleary, de l’université d’Etat du Colorado, développe l’hypothèse suivante: cette impression serait liée à des souvenirs visuels enfouis. Ainsi, alors que vous êtes à Paris devant la pyramide du Louvre pour la première fois de votre vie, le sentiment de déjà-vu se déclenche. En fait, vous avez déjà vu la pyramide du Louvre, il y a quelques mois, dans le film Da Vinci Code, mais vous êtes incapable de relier la situation présente à ce souvenir.

Plus précisément, c’est la configuration spatiale d’un lieu qui, si elle est similaire à la configuration spatiale d’un lieu précédemment visité ou observé, provoquerait le déjà-vu. Grâce aux technologies de réalité virtuelle, la chercheuse a réalisé une expérience intéressante: elle fait explorer virtuellement à des participants un espace conçu dans le jeu Les Sims, au centre duquel se trouve un arbre en pot, entouré d’un parterre de plantes diverses, avec des pots de fleurs aux murs. Elle leur montre ensuite un autre espace, un musée cette fois, organisé exactement de la même manière, l’arbre étant remplacé par une statue, le parterre de plantes par des tapis et les pots de fleurs par des chandeliers. Lorsque les participants explorent le second espace, ils ressentent une impression de déjà-vu, mais ne le connectent pas au premier espace.

D’après Cleary, lors d’une impression de déjà-vu, notre cerveau essaie de nous dire où nous avons déjà vu ce que nous croyons voir pour la première fois, mais il n’y parvient pas; exactement comme lorsque nous avons un nom «sur le bout de la langue».  

Margaux Leridon
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