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Victoire de Froome au Ventoux: décryptons les quatre sous-entendus de la une de L'Equipe

<b>1. «Naturellement»</b> <em>«Naturellement»</em> comme <em>«Froome a confirmé la domination en haute montagne affichée depuis le début du Tour»</em>, naturellement. Mais <em>«Naturellement»</em>, c'est aussi une démonstration de méthode Coué, comme un <em>«Espérons qu’il ne se dope pas»</em>. Et puis, <em>«Naturellement»</em>, ça fait <em>«naturel ment»</em>. Allô, Lacan? <b>2. «Le dopage rattrape le sprint»</b> La deuxième grosse actualité sportive du dimanche, c’était bien sûr l’annonce des contrôles positifs de Tyson Gay et Asafa Powell. On pourrait remarquer que le doigt de Froome pointe vers cette information, mais ça serait vraiment mauvais esprit, non? Heureusement qu’un bandeau rouge au-dessus précise <em>«athlétisme»</em>, sinon on aurait pu croire que cela parlait encore de cyclisme… <b>3. «Festina» et «Vittel»</b> Leurs logos bien calés entre les deux mots du titre sur le panneau d'arrivée, les deux marques s’offrent un peu de pub en une d’un des quotidiens les plus lus de France, mais leur juxtaposition résume aussi l'espace où se débat le Tour depuis quinze ans.<br/><br/>D’un côté, Festina, dont le nom reste attaché au scandale de dopage de 1998. De l’autre Vittel, qui nous rappelle cette expression désuète, le <em>«cyclisme à l’eau claire»</em>. Alors, Froome, Festina ou Vittel? <b>4. «Ils se sont donnés rendez-vous dans dix ans»</b> Dimanche, un journaliste de 20 minutes <a href='https://twitter.com/LA_BEBERANCE/status/356419457851203584' target='_blank'>tweetait à l’attention du deuxième du classement général</a>, qui a sauvé sa place pour onze secondes sur Contador: <em>«Lâche rien, Mollema, la deuxième place pourrait valoir cher d'ici 10/12 ans.»</em><br/><br/>Si le titre de l’Equipe concerne ici les Bleuets champions du monde, ce délai d'une décennie est effectivement courant quand il s’agit de déclasser un vainqueur (sauf quand celui-ci s'est fait prendre sur le coup, type Landis 2006 ou Contador 2010...). Vainqueur de sa dernière Grande Boucle en 2005, Armstrong a fini par en être privé en 2013. Le lauréat 1996, Bjarne Riis, a lui été dépouillé de son maillot jaune en 2007, avant d’être réintégré au palmarès en 2008.<br/><br/><a href='http://www.parolesmania.com/paroles_patrick_bruel_8637/paroles_place_des_grands_hommes_723841.html' target='_blank'>On peut aussi, bien sûr, voir dans ce titre</a> un hommage au grand poète Patrick Bruel et à son <em>«J'ai pas nagé le vent dans l'dos/Dernière ligne droite, la rue Soufflot»</em> — OK, on sait, la dernière ligne droite, ce sont les Champs.

La une de L'Equipe du 15 juillet 2013

Cliquez sur les numéros dans la photo ci-dessous pour lire notre décryptage

Tous ceux qui ont regardé l’étape du Ventoux du Tour de France dimanche (et entendu les étonnants commentaires gênés de France 2 devant la victoire de Christopher Froome, l’homme qui fait rire la salle de presse de l'épreuve, selon Rue89) auront sans doute ricané en voyant la une de L’Equipe ce lundi 15 juillet:

«Froome, naturellement»

Difficile de ne pas prendre cette une dans un double sens alors que le coureur britannique doit régulièrement justifier ses performances depuis le début de la Grande Boucle: «Je trouve ça triste d'être assis là au lendemain de la plus grande victoire de ma carrière et de parler de dopage», a-t-il d’ailleurs déclaré lundi pendant la journée de repos.

Ce genre de une à potentiel double sens est plutôt rare dans la couverture du Tour par L’Equipe, même si, en cherchant bien, on a trouvé quelques autres exemples: le prudent «Il restera à part» au soir de la septième victoire d’Armstrong en 2005 (un mois plus tard, L’Equipe révélait son dopage à l’EPO lors de sa victoire de 1999) ou le «Il est trop fort» au lendemain de la démonstration de Michael Rasmussen au Plateau de Beille en 2007 (accusé d’avoir esquivé des contrôles anti-dopage, le Danois quittera le Tour quatre jours plus tard).

Mais le plus amusant, c’est qu’avec un peu de mauvais esprit, on peut trouver d’autres doubles sens sur cette une. Décryptage en quatre points d'un petit chef d'oeuvre de sémiologie.

J.-M.P.

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