LifeBoire & manger

Les Anglo-Saxons découvrent que les restaurants français servent de la nourriture surgelée

Margaux Leridon, mis à jour le 11.07.2013 à 16 h 59

Devanture d'un restaurant à Saint Germain des Prés, 2008, James via FlickrCC Licence by

Devanture d'un restaurant à Saint Germain des Prés, 2008, James via FlickrCC Licence by

Gros choc pour les médias anglo-saxons à l'occasion du débat parlementaire français sur le label «fait maison», finalement adopté en première lecture à l’Assemblée le 3 juillet dans le cadre d’une loi sur la consommation.

Après avoir constaté avec effroi la fin du déjeuner à la française (surprise, en France non plus on n’a ni trois heures de pause, ni vingt euros à dépenser chaque midi!), nos amis Anglais et Américains découvrent, avec respectivement The Economist et The Washington Post, que la blanquette de veau qu’ils ont dégusté face à Notre-Dame au cours de leurs dernières vacances n’avait pas été miraculeusement préparée en dix minutes dans la cuisine du restaurant, mais très probablement sortie du congélateur et réchauffée au micro-ondes.

Ils s’émeuvent du sondage du syndicat Synhorcat dans lequel 31% des restaurateurs avouent avoir recours à des produits surgelés. Un tournant inéluctable quand presque trois quarts des repas pris à l’extérieur en France le sont dans des établissements où l’on peut manger pour moins de dix euros par personne, comme l’affirme une étude de Gira Conseil citée par The Economist.

Pour l’hebdomadaire britannique, ce débat est l’occasion de s’adonner à un énième exercice de french bashing :

«Vu l’état de l’économie française, ses politiciens pourraient avoir des préoccupations plus importantes. Mais un des sujets les plus polémiques débattus au parlement ces derniers jours est de savoir comment forcer les restaurants à révéler s'ils préparent leur bœuf bourguignon sur place où s'ils se contentent d’ouvrir un emballage et d’en réchauffer le contenu

Certes. Sauf que quand on sait que la France est la première destination touristique au monde, qu’elle compte 150.000 restaurants, et que les jeunes Français mangent de moins en moins chez eux, peut-être les questions de restauration ont-elles finalement un vague lien avec l’économie.

L’idée d’un label «fait maison» découle du scandale de la viande de cheval qui a ébranlé l’Europe au début de l’année 2013. Le gouvernement proposait initialement la mise en place d’un label facultatif, tandis qu’un collectif de restaurateurs souhaitait contrôler l’appellation «restaurant» et ne l’accorder qu’aux enseignes cuisinant leurs plats sur place, comme c’est le cas de l’appellation «boulangerie», contrôlée depuis 1995. Le compromis choisi par l’Assemblée, qui consiste à imposer à tous l’utilisation du label, a donc déçu certains professionnels, mais a l'air de satisfaire les clients, au moins ceux rencontrés par Le Monde.

Margaux Leridon
Margaux Leridon (80 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte