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The Depressed Cake Shop: faire de la pâtisserie pour lutter contre la dépression

Lucie de la Héronnière, mis à jour le 11.07.2013 à 17 h 23

Miss Cakehead/ Miss Insomnia Tulip/ The Depressed Cake Shop

Miss Cakehead/ Miss Insomnia Tulip/ The Depressed Cake Shop

Cuisiner, pâtisser, mélanger, malaxer... Est-ce bon pour le moral? La créatrice du projet The Depressed Cake Shop («la boutique de gâteaux déprimés») est convaincue que oui.

Avec ses boutiques éphémères de pâtisseries (loin d'être à la crème rose bonbon), dans plusieurs villes du Royaume-Uni à partir de début août, elle espère faire parler les gens et récolter des fonds pour des associations travaillant sur des problématiques de santé mentale. La démarche se veut artistique et engagée.

«Pâtisser apaise l’âme. (...) Il y a quelque chose de rassurant dans ce rituel, peser tranquillement le beurre, le sucre, la farine. Casser les œufs, fouetter, mélanger, incorporer», explique The Guardian.

Mary Berry, légende de la cuisine anglaise, a ainsi déclaré un jour:

«Si vous vous sentez déprimé, un peu de pétrissage peut vous aider...».

Ce ne serait pas le seul résultat final qui compte (le beau gâteau), mais le processus, thérapeutique en lui-même.

Ce lien entre santé mentale et séance de pâtisserie a donc inspiré cette initiative. Pour la créatrice, Emma Thomas, alias Miss Cakehead, plusieurs preuves étayent cette idée de départ. John Whaite, qui a remporté le Great British Bake Off en 2012, a sorti un livre (intitulé Recipes for everyday and mood), avec un chapitre de recettes pour remonter le moral.

Pour lui, qui a connu des périodes de dépression, il est «méditatif» de «transformer quelque chose de destructeur en quelque chose de constructif. Et à la fin, vous avez quelque chose dont vous êtes fier, à manger et à montrer».

La romancière Marian Keyes, raconte The Guardian, a aussi utilisé la cuisine pour lutter contre la dépression. Dans son livre, Saved by cake (littéralement «Sauvée par le gâteau»), elle écrit:

«Pâtisser ne m’a pas guérie (…), mais pour être franche, mon choix était parfois: je peux me tuer ou bien faire une douzaine de cupcakes. Je choisissais de faire les gâteaux et de me tuer le lendemain.»

Pas un remède

«Aucune recherche scientifique n’explique pourquoi ou comment cuisiner aide à se sentir mieux, et ce n’est certainement pas un remède à la dépression. Mais cela peut être thérapeutique et aider beaucoup de gens», déclare Emma Thomas au Guardian.

C’est un acte «créatif et instantanément gratifiant. J’ai réalisé que faire de la pâtisserie faisait dialoguer les gens. Je voudrais que le Depressed Cake Shop amène à parler de la maladie mentale et à soutenir les associations». Afin de créer «une plateforme de discussion unique pour mener à la prise de conscience», précise-t-elle sur son site. 

Selon le Guardian, la mise en place de ces lieux éphémères mêlant dialogues sur les maladies mentales et goûters sera un antidote aux pâtisseries vintage vendant des petits gâteaux moelleux et roses, mignons et bien écœurants...

A la place de la crème dégoulinante de bons sentiments, il y aura des gâteaux faits par des amateurs intéressés et des pros, pour la plupart ayant connu des troubles mentaux. Pour représenter la dépression, il frabriqueront une collection de gâteaux aux décors gris (avec des garnitures colorées, quand même...).

«Une personne sur quatre aura un problème de santé mentale au cours de sa vie» Miss Cakehead/ Miss Insomnia Tulip/ The Depressed Cake Shop

Les bénéfices des ventes de gâteaux iront à des associations ou pour financer des séances de «thérapie» par la pâtisserie, mais aussi pour créer un réseau de personnes qui travaillent dans ce sens. 

Et sur son site, Emma Thomas précise:

«Nous recherchons toujours plus de pâtisssiers pour lever des fonds, et des gens pour accueillir des initiatives similaires partout dans le monde!»

Lucie de la Héronnière
Lucie de la Héronnière (148 articles)
Journaliste
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