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En France aussi vous êtes surveillé

Slate.fr, mis à jour le 04.07.2013 à 15 h 13

A visualization of Tweets sent in support of #France (in blue) and #England (in red) during their #Euro2012 match on June 11, 2012. / @twitter via Flickr

A visualization of Tweets sent in support of #France (in blue) and #England (in red) during their #Euro2012 match on June 11, 2012. / @twitter via Flickr

Le Monde publie ce jeudi un article racontant notre petit Prism à nous. Notre petit Big Brother local [accès abonnés]. Si les Etats-Unis font scandale avec leurs écoutes aux ramifications internationales, la France n'est pas en reste. Outre un système qu'Andréa Fradin vous expliquait sur Slate, la Plateforme nationale des interceptions judiciaires, les futures grandes oreilles de l'Etat, la DGSE s'adonne à une collecte de métadonnées extrêmement étendue.

«La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services spéciaux) collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en France, tout comme les flux entre les Français et l'étranger: la totalité de nos communications sont espionnées. L'ensemble des mails, des SMS, des relevés d'appels téléphoniques, des accès à Facebook, Twitter, sont ensuite stockés pendant des années.»

Outre la DGSE, selon Le Monde, sept autres services de renseignement s'en servent allègrement et illégalement.

«Les politiques le savent parfaitement, mais le secret est la règle.»

La cible, précise Le Monde, ce n'est pas le contenu des messages (ce que vous dites pendant vos conversations) mais à qui vous le dites.

«Plus que les écoutes, ce sont ces données techniques, les "métadonnées", qu'il s'agit d'éplucher.»

La DGSE collecte les relevés téléphoniques de millions d'abonnés, les mails, les SMS...

«Ces métadonnées permettent de dessiner d'immenses graphes de liaisons entre personnes à partir de leur activité numérique, et ce depuis des années. De dessiner une sorte de journal intime de l'activité de chacun, tant sur son téléphone que sur son ordinateur. A charge ensuite pour les services de renseignement, lorsqu'un groupe intéressant a été identifié, d'utiliser des techniques plus intrusives, comme les écoutes ou les filatures.»

Dans l'après-midi, Jean-Jacques Urvoas, député PS, membre de la Délégation parlementaire au renseignement, et co-rapporteur de la mission d’évaluation sur le cadre juridique applicable aux services de renseignement, a émis un communiqué pour faire une mise au point sur cet article du Monde, évoquant des «phantasmes» et des «imprécisions».

Si le cadre juridique des activités de renseignement est en effet très lacunaire, (...) l’affirmation selon laquelle « la totalité de nos communications sont espionnées [et] stocké[e]s pendant des années » ne correspond guère à la réalité que je peux connaître.

En effet, nos services ont développé des outils mutualisés d’interception des flux internet dans le cadre de la loi de 1991 relative aux interceptions de sécurité. Dès lors, ces dernières concernent des citoyens français et sont soumises à autorisation de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) selon des motifs clairement déterminés par la loi et la jurisprudence de la commission. Les données collectées doivent être détruites après utilisation. Les citoyens français ne sont donc pas soumis à un espionnage massif et permanent en dehors de tout contrôle.»

Urvoas a précisé que les activités de la DGSE n'étaient pas comparables à celles de la NSA, car «à la différence de la NSA, service technique uniquement dédié à l’interception, la DGSE est un service généraliste qui collecte le renseignement dans le seul exercice de ses missions réglementaires.»

 

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