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Mort du champion olympique du marathon Alain Mimoun, dont le nom «sonnait comme souffle un des noms du vent»

Temps de lecture : 2 min

Alain Mimoun portant la flamme olympique, en juin 2004. REUTERS/Str New.
Alain Mimoun portant la flamme olympique, en juin 2004. REUTERS/Str New.

Le champion olympique français du marathon Alain Mimoun est mort, jeudi 27 juin, à l’âge de 92 ans. L’information a été annoncée vendredi par la Fédération française d’athlétisme à l’AFP.

Né en 1921 en Algérie, alors française, engagé volontaire pendant la Seconde Guerre mondiale, où il participera notamment à la campagne d’Italie (il y sauvera sa jambe gauche de l'amputation lors des bombardements de Monte Cassino) et au débarquement en Provence, Mimoun avait couru ses premiers JO en 1948 à Londres, décrochant la médaille d’argent sur 10.000 m. Quatre ans plus tard, à Helsinki, il devra se contenter du même métal sur deux distances, le 5.000 m et le 10.000 m.

Celui qui a également remporté 33 titres nationaux connaîtra finalement son jour de gloire viendra le 1er décembre 1956 à Melbourne, quand il remporte seul le marathon en 2h25, au lendemain de la naissance d’une petite fille.

La une de L'Equipe du 3 décembre 1956

Une victoire qu'il avait racontée en détail en 2004 à la télévision:

«Les Australiens ont rigolé parce que je suis rentré dans le stade comme une bombe atomique —eux, ils étaient contre la bombe. Il me semblait, avec la clameur, que je touchais pas terre.»

La «locomotive tchèque» Emil Zatopek, un des plus grands athlètes de tous les temps, qui l’avait battu lors de ses trois médailles d’argent, ne terminera ce jour-là que sixième: «Je lui touche l'épaule et je lui dis: "Emil, tu me félicites pas?" Son visage de saint s'est transformé. Il m'embrasse et il me dit: "C'est très bien, Alain, c'est très bien." Il était content comme si c'était pour lui», racontera Mimoun en 2010 dans un documentaire sur lui réalisé par Benjamin Rassat.

Le nom de Mimoun est totalement indissociable de celui de son ami Zatopek, et le romancier Jean Echenoz les avait d’ailleurs brièvement associés dans son livre Courir (Editions de Minuit, 2008), consacré à l’athlète tchèque:

«Ce nom de Zatopek qui n’était rien, qui n’était rien qu’un drôle de nom, se met à claquer universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques. […] Il y a eu d’autres grands artistes dans l’histoire de la course à pied. S’ils n’ont pas eu la même postérité, ne serait-ce pas que chaque fois leur nom tombait moins bien, n’était pas fait pour ça, ne collait pas aussi étroitement que celui d’Emile avec cette discipline —sauf peut-être Mimoun, dont le patronyme sonne, lui, comme souffle un des noms du vent.»

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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