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Dopage: Lance Armstrong charge à son tour l'Union cycliste internationale (UCI)

Grégoire Fleurot, mis à jour le 28.06.2013 à 10 h 21

Lance Armstrong à New York le 22 septembre 2010, REUTERS/Lucas Jackson

Lance Armstrong à New York le 22 septembre 2010, REUTERS/Lucas Jackson

Le Monde publie ce vendredi 28 juin, à la veille du départ de la 100e édition du Tour de France, la première longue interview du champion cycliste déchu Lance Armstrong (article payant) depuis ses aveux ultra-médiatisés avec la présentatrice américaine Oprah Winfrey en janvier dernier.

Si l’entretien ne nous apprend rien de nouveau sur les années de dopage de celui qui s’est fait retirer ses sept victoires dans le Tour de France, Lance Armstrong y confirme une opinion très largement répandue chez tous ceux, dopés repentis, activistes ou journalistes, qui militent pour un cyclisme propre: le principal obstacle à un grand nettoyage dans ce sport aujourd’hui est l’Union cycliste internationale (UCI) et ses dirigeants actuels.

Interrogé sur Pat McQuaid, le président de l’organisme qui gère le cyclisme mondial, Armstrong répond:

«Pat McQuaid a essayé de faire une déclaration politique pour prétendre qu'il était sur une ligne dure contre le dopage. Mais, évidemment, il n'a aucun crédit en la matière.»

Sur le refus de l’UCI de mettre en place une commission «vérité et réconciliation» pour faire toute la lumière sur le dopage dans le cyclisme, Armstrong se fait encore plus sévère avec l’institution:

«L'UCI refuse la mise en place d'une commission "vérité et réconciliation" parce que le témoignage que le monde voudrait entendre ferait plonger McQuaid, Verbruggen et toute l'institution.»

A l’époque de ses grands aveux, le New York Times écrivait que Lance Armstrong était prêt à témoigner sous serment contre Pat McQuaid et Hein Verbruggen, son prédécesseur de 1991 à 2005, soupçonnés tous deux d'avoir été au courant, voire d'avoir couvert, le dopage dans le cyclisme. L’Agence mondiale antidopage (AMA), tout comme l’Usada, critique depuis plusieurs années la gestion du problème du dopage par l’UCI.

En avril dernier, lors de son audition à la Commission d’enquête du Sénat français sur l’efficacité de la lutte antidopage, le président de l’Agence antidopage américaine (Usada) Travis Tygart avait lui aussi rappelé la nécessité de réduire les pouvoirs et l’influence de l’UCI dans la lutte contre le dopage tant que l’organisation n’aura pas été réformée en profondeur.

D’abord parce que, de manière générale, il est «très difficile de faire à la fois la police et la promotion de son sport», mais surtout parce que l’UCI a fait tout ce qui était en son pouvoir pour entraver l’enquête autour d'Armstrong. «En 2012, l’UCI a accepté notre rapport sur Armstrong et dit qu’il fallait prendre des mesures décisives, mais n’a rien fait depuis», a dénoncé Tygart.

Lance Armstrong confirme par ailleurs au Monde avoir bien fait un don de 100.000 dollars à l’UCI, mais défend ce geste en parlant d’un «contexte» différent à l’époque.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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