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Ne mangez pas vos légumes à n'importe quelle heure

Lucie de la Héronnière, mis à jour le 27.06.2013 à 10 h 13

Eux aussi, même une fois cueillis, ont une horloge interne et sont sensibles au rythme circadien.

Chou romanesco Frédérique Voisin-Demery via Flickr CCLicence By

Chou romanesco Frédérique Voisin-Demery via Flickr CCLicence By

Les êtres humains ont une «horloge biologique», qui régule le corps avec un cycle d’une durée de plus ou moins 24 heures. Il semblerait que les fruits et les légumes aussi. 

Une étude, publiée dans Current Biology et relatée par NPR, affirme que cela pourrait être un moyen de stimuler certains composants bénéfiques des végétaux, après la récolte, en les activant avec des jeux de lumière et d’obscurité. 

Prenez un légume de la famille des Brassicaceae ou crucifères, comme un chou (ou un brocoli, un navet...) contenant des glucosinolates qui, selon certaines études, peuvent protéger des substances cancérigènes.

Le souci, c’est que lorsque les légumes voyagent du champ à l’assiette, la concentration de ce composant diminue. Comment faire alors? Janet Braam, de l’université Rice, a mis des choux sous une lumière pendant 12 heures, suivies de 12 heures d’obscurité, pour essayer de reproduire le cycle jour-nuit naturel dans les champs.

Des expériences passées ont montré que les plantes utilisent le rythme circadien pour activer ou non leurs défenses chimiques, en l'occurrence ici les glucosinolates, bénéfiques pour nous aussi. Certaines se servent de ces substances pour lutter contre les insectes, d’autres pour s’adapter à la sécheresse… 

Ce rythme pourrait être influencé par le cycle lumineux, même après la récolte. «Quand on met ces plantes sous des cycles lumière-obscurité, on observe des périodes d’accumulation de ces composants chimiques bénéfiques», avec un pic dans les heures précédant le crépuscule.

Et ces défenses étaient «significativement plus hautes pendant la journée, comme si les plantes étaient encore en vie, même si elles n’étaient plus attachées à leur racine ni plantées dans la terre».

Les résultats ont été les mêmes pour les laitues, les épinards, les patates douces et les myrtilles.

Cependant, plus de recherches seront nécessaires pour voir si ces résultats sont adaptables à la vie réelle, dans les cuisines ou les épiceries, en trouvant de nouveaux modes de stockage pour profiter au mieux des éléments nutritifs. 

Pour peut-être, comme le suggère NPR, lancer des «happy hours de légumes, et manger des légumes quelques heures avant le crépuscule, lorsque leurs composants bénéfiques sont à leur apogée». 

Lucie de la Héronnière
Lucie de la Héronnière (148 articles)
Journaliste
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