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Pour apprendre une langue, ne regardez pas de photos de chez vous

Cécile Schilis-Gallego, mis à jour le 19.06.2013 à 18 h 35

Postcard wall / eperales via FlickrCC License by

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On pourrait penser qu'il est plus facile d'apprendre une langue étrangère aujourd'hui, à l'heure où des textes de toutes langues et des méthodes d'apprentissage sont disponibles en ligne, que la culture se mondialise et que les voyages sont facilités. C'est tout le contraire, selon le Smithsonian Magazine:

«Dans notre ère où le WiFi est largement distribué, où les conversations skype sont gratuites d'un hémisphère à l'autre et où nos émissions télévisions sont disponibles partout dans le monde sur le web, parler une langue étrangère pourrait bien être plus difficile que jamais.»

Cette analyse s'appuie sur une étude des chercheurs de l'université de Columbia et de Singapour publiée lundi 17 juin. La conclusion: voir des visages ou des images que vous associez à votre pays d'origine peut rendre plus difficile de parler une langue étrangère. Pour apprendre une langue et la maîtriser, l'immersion serait donc la meilleure solution.

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont réalisé des tests sur 42 étudiants chinois qui avaient récemment déménagé aux Etats-Unis. Une expérience consistait à les faire parler d'un sujet simple en regardant un écran où ils voyaient alternativement un visage chinois et un visage caucasien. Une autre consistait à voir des photos de monuments américains et chinois et de les décrire en anglais. La dernière testait dans différentes situations l'aisance des étudiants avec des faux amis linguistiques.

Quelle que soit l'expérience, lorsque les étudiants étrangers sont confrontés à un visuel qui leur est familier, leur anglais était moins fluide. Ce n'est pas le cas pour des étudiants américains dont l'anglais est la langue maternelle:

«Les chercheurs expliquent les résultats comme étant un exemple de "changement de cadre". En substance, pour les Chinois qui apprennent l'anglais comme seconde langue, être exposé à des visages ou des images qu'ils associent avec la Chine les pousse inconsciemment à réfléchir avec un cadre de pensée chinois. Par conséquent, ça demande plus d'effort de parler anglais –ce qui explique qu'ils parlent plus lentement– et ça les rend peut-être plus susceptibles de penser en chinois, utilisant des structures linguistiques chinoises traduites littéralement avec des mots anglais.»

Ces conclusions pourraient avoir des conséquences sur la manière dont on enseigne les langues vivantes, prouvant une nouvelle fois que l'immersion est la méthode la plus efficace.

Cécile Schilis-Gallego
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