Transhumanisme: devenir immortel grâce aux clones numériques de l'esprit

Table ronde du Global Futures 2045 International Congress / crédit GF2045

Table ronde du Global Futures 2045 International Congress / crédit GF2045

Cela fait longtemps qu’ils n’avaient pas fait parler d’eux. Les transhumanistes, mouvement de pensée qui prône une amélioration et une augmentation de l’humanité par le biais des technologies issues des sciences de la vie et de l’informatique, se sont réunis lors de l’événement Global Futures 2045 International Congress, les 14 et 15 juin à New York.

Si vous avez un souci avec les métaphores informatiques appliquées à l'esprit humain (le cerveau est un OS, la conscience est issue de réactions électriques, etc.) mieux vaut éviter de lire ce qui va suivre.

Comme le raconte Tanya Lewis sur le site Live Science, l’incontournable Ray Kurzweil, informaticien, inventeur, visionnaire, gourou technoscientifique et directeur de l’ingénierie chez Google –ce qui n’est pas pour nous rassurer– a prédit à cette occasion qu’en 2045, il sera possible de simuler le fonctionnement d’un cerveau humain.

Les transhumanistes sont très attachés à la loi de Moore, selon laquelle les possibilités de calcul informatique doublent tous les deux ans. Leurs prédictions semblent suivrent un tel rythme.

Des progrès significatifs ont été obtenus dans le domaine des interfaces cerveau-ordinateur ou cerveau-machine: un nerf stimulé électroniquement pour retrouver l’ouïe, des signaux neuronaux enregistrés sur ordinateur, recodés pour permettre ensuite le contrôle d’un membre robotique… Les transhumanistes comptent beaucoup sur «la convergence», un de leurs concepts-clés, entre les quatre disciplines des «NBIC» (pour nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle et sciences cognitives).

Mais les prédictions de Ray Kurzweil ont cette fois été supplantées par le discours de Martine Rothblatt, qui s'est intéressée au transhumanisme après avoir lu Ray Kurzweil en 2002. PDG de la société United Therapeutics Corp. —non, il ne s'agit pas d'un scénario hollywoodien— elle est montée à la tribune pour une présentation au titre provocateur: «L’objectif de la biotechnologie est de mettre fin à la mort.»

Martine Rothblatt veut créer des clones d’esprit, ou «mindclones». Il s’agirait d’une version numérisée et immortelle d’esprit humain, qui serait créée à partir d’un fichier («mindfile») de dépôt de personnalité et gérée par un logiciel (le «mindware»). La société qui développera ce système en premier «aura mille fois le succès de Google», prédit-elle.

Pour Martine Rothblatt, ces mindclones rempliraient plusieurs usages, comme elle l’avait déjà expliqué en 2009 dans un article du magazine H+, la gazette des transhumanistes. Certains voudront s’en servir pour archiver leur esprit et leur mémoire. D’autres souhaiteront rester «vivants» à l’état «numérique». D’autres encore pourraient vouloir faire des aller et retour entre vie de chair et d’os et vie numérique...

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