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Météo pourrie: Paris n'a connu aucun jour de vrai soleil en mai 2013

Pierre Breteau, mis à jour le 17.06.2013 à 15 h 16

Un ensoleillement terriblement faible et de la pluie au-dessus des moyennes: oui le printemps 2013 est pourri, et c'est Météo France qui le dit.

Le printemps français n'avait pas été aussi pluvieux depuis 1959. REUTERS/Danish Siddiqui

Le printemps français n'avait pas été aussi pluvieux depuis 1959. REUTERS/Danish Siddiqui

«Le soleil a surtout brillé par son absence», plaisantent les spécialistes de Météo France. Et comment, puisqu'il fait même parfois nuit en plein jour comme ce jour funeste du 17 juin 2013 à Paris!

En moyenne, l'Hexagone a bénéficié de 30% de soleil en moins par rapport aux «normales» (que Météo France calcule sur la période 1991-2010). «La France a connu cette année un printemps particulièrement agité, froid et peu ensoleillé», analysent les collègues de Joël Collado: tous les records en matière de faible ensoleillement ont été battus, et ce, sur les 20 dernières années.

Cette carte de France présente les écarts avec l'ensoleillement habituel. Les zones en bleu sont celles où il est inférieur à la moyenne. Partout donc.

Source: Météo France

C'est le quart nord-est de la France qui a le plus souffert, et qui souffre encore, de ce déficit de soleil. La palme revient à la ville de Nancy qui a eu 56% de soleil en moins qu'à son habitude (87 heures au lieu de 199 en moyenne au mois de mai). Pour ne rien gâcher, les Nancéens n'ont eu droit qu'à un seul et unique jour de vrai soleil le mois dernier, c'est-à-dire un jour avec au moins 80% de d'ensoleillement.

A Paris, la situation n'est pas vraiment plus favorable: en mai la capitale n'a connu que 50% de sa dose habituelle de soleil à cette période. Et Météo France n'a compté aucun jour avec un ensoleillement supérieur à 80%.

Des records à la pelle

En matière de pluviométrie aussi, le printemps 2013 a battu des records: en moyenne, plus de 30% par rapport à la normale. Mais cette moyenne cache des inégalités. Si la Bretagne ou le Nord-Pas-de-Calais n'ont pas eu tellement plus de pluie que les années précédentes, des régions comme la Corse, la Champagne-Ardenne ou le sud-est du pays ont explosé leurs records. Dans ces zones, il n'avait pas autant plu depuis 1959.

Le sud-est en particulier a eu deux fois plus de précipitations que la moyenne, avec des pluies diluviennes et des crues qui sont habituellement réservées aux périodes automnales.

Plus humide encore, les régions Bourgogne et Champagne-Ardenne, dont le climat est particulièrement calme en règle générale, ont vu leur tomber sur la tête «en 8 jours l’équivalent de deux mois de précipitations printanières», simplement sur la semaine qui était à cheval sur fin avril et début mai.

Difficile de rester optimiste pour l'été puisque les statistiques des 50 dernières années sont contre nous: «Les printemps pourris sont suivis, dans 70% des cas, d’un été plutôt frais et humide.»

P.B.

Pierre Breteau
Pierre Breteau (20 articles)
Journaliste
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