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Le resto universitaire, ça aide à bien manger?

Lucie de la Héronnière, mis à jour le 14.06.2013 à 17 h 16

 Universite-Avignon-10 / CamilleStromboni via Flickr CCLicence By

Universite-Avignon-10 / CamilleStromboni via Flickr CCLicence By

Fin 2011, on se demandait si Jean-Pierre Coffe avait sauvé le restaurant universitaire, avec son rapport et ses nombreuses recommandations (dont la fameuse «du pinard pour les thésards», finalement jamais adoptée). Pas complètement, et de nombreux projets, expérimentations et recherches sont en cours sur les campus français... 

Ce jeudi 13 juin, Brigitte Pavaut, diététicienne conseil au Crous Aix-Marseille, présentait son étude au Fonds français alimentation & santé. Elle a mené une enquête par questionnaire sur plusieurs milliers d’étudiants de son secteur fréquentant la restauration universitaire.

Sa lettre scientifique plante le décor:

«La première année universitaire s’accompagne souvent d’une prise de poids, qui pourrait être associée en partie à des déséquilibres alimentaires, consommation excessive de “junk food” et de “snacks” en particulier.»

Brigitte Pavaut a donc voulu savoir si les étudiants fréquentant régulièrement le RU (Restaurant universitaire) se nourrissaient plus conformément  aux recommandations du PNNS (Programme national nutrition santé, qui fait des recommandations comme «Mangez 5 fruits et légumes par jour!». Recommandations pas reconnues et validées par tous, comme on l’a vu par exemple récemment dans cette tribune sur les féculents).

Les ¾ des étudiants ont déclaré que le RU les aidait à manger équilibré. Plus de 65% de ceux qui fréquentaient le RU au moins 3 fois par semaine étaient dans les clous du PNNS, en respectant globalement les fréquences et recommandations de consommation des différentes catégories d’aliments.

Parmi ces bons élèves, on trouvait surtout ceux qui mangeaient au RU avec plaisir, avec des amis... et qui disposaient de plus de 100 euros par mois pour manger.

Conclusion:

«La restauration universitaire favorise chez les étudiants la consommation d’une alimentation équilibrée, mais le prix du ticket (3,10 euros pour cette année universitaire, NDLR) est encore trop élevé pour certains d’entre eux.»

Bon, deux interprétations subsistent, selon la diététicienne: soit les étudiants concernés par leur alimentation vont plus souvent au RU, car ils y voient un moyen de manger équilibré. Soit le RU incite à l’équilibre alimentaire, par diverses actions d'information nutritionnelle et la présence de fruits et légumes pour pas cher. 

Notons que l’enquête ne concerne pas les étudiants qui ne fréquentent absolument jamais le RU, soit parce qu’ils n’ont pas le temps (autre problématique sur les campus: le mauvais aménagement des plages horaires et les files d’attentes démentes à l’heure de pointe au RU), soit parce que le RU est vraiment trop cher (beaucoup plus qu’un paquet de pâtes). Soit parce qu’ils trouvent que ce n’est pas bon!

Mais lorsqu’ils fréquentent le RU, la diététicienne entend les orienter:

«Mon travail, c’est de les inciter à faire de bons choix.»

En effet, les étudiants, au Crous d’Aix-Marseille comme dans beaucoup de RU de France, ont le choix entre plusieurs formules, allant de l’entrée/ plat de viande ou poisson, légumes et féculents/ dessert, à la pizza + 1 article, qui peut donc être un éclair au chocolat ou une tarte à la crème... Alors, comme le souligne la diététicienne: «Au RU, on peut manger très bien... et très mal.»

Lucie de la Héronnière
Lucie de la Héronnière (148 articles)
Journaliste
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