Monde / Sciences

Un moratoire sur les robots tueurs?

Temps de lecture : 2 min

Un expert de l'ONU réclame un moratoire sur leur production et leur utilisation. Ils posent en effet des problèmes éthiques et pourraient pousser certains pays à déclarer plus facilement la guerre.

Le robot SWORD fabriqué par Foster Miller pèse 100 kg et coûte près de 300 000 dollars - Photo: Foster Miller
Le robot SWORD fabriqué par Foster Miller pèse 100 kg et coûte près de 300 000 dollars - Photo: Foster Miller

D'ici quelques décennies, les robots militaires terrestres seront armés et pourront tuer des soldats humains. C'est déjà le cas aujourd'hui avec les drones équipés de missiles. Mais ils sont télécommandés et c'est un être humain, parfois à des milliers de kilomètres, qui appuie sur la détente.

Lors des futurs conflits, on imagine facilement les armées de droïdes de Star Wars. Dans ce cas, c'est l'autonomie qui est recherchée. Les robots seront capables de chercher les ennemis et de les détruire de façon autonome, c'est-à-dire en prenant eux-mêmes la décision de tirer. Ce serait donc des sortes, même embryonnaires au début, de Terminator, le robot venu du futur dans les films de James Cameron.

Cette perspective inquiète non seulement des associations mais également l'ONU. Le 30 mai 2013, le rapporteur spécial Christof Heyns a appelé à une pause dans le développement des robots autonomes mortels (lethal autonomous robots ou LARs). «L'introduction possible de LARs pose un problème important au sujet de la protection de la vie en temps de paix et de guerre», estime-t-il. «Ce sont les robots et non les humains qui, dans ce cas, décideraient de qui doit vivre et de qui doit mourir», précise-t-il. De telles armes pourraient pousser les Etats à prendre plus facilement la décision de déclarer une guerre. De plus, il faudrait déterminer comment appliquer les règles humanitaires internationale à ces LARs. En particulier celles qui concernent la distinction entre les combattants et les civils. Et aussi déterminer les responsabilités en cas de bavures.

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Ainsi, Christof Heyns demande au Conseil des droits de l’homme de l’ONU de «déclarer et d’appliquer un moratoire national sur la production, l’assemblage, le transport, l’achat, le déploiement et l’utilisation des LARs». Et de souligner que «la guerre sans réflexion devient mécaniquement une boucherie». Le passé semble indiquer que de nombreuses guerre se sont déjà déroulées sans réflexion...

Nul doute que l’introduction de robots tueurs aggravera les risques de pertes de contrôle qui existent déjà avec les soldats humains. Les plus technophiles pourraient néanmoins penser le contraire. Les robots ne cèdent pas à la passion, la peur ou la panique. A terme, on pourrait même imaginer des guerre ne faisant intervenir que des robots, version moderne du combat des Horaces et des Curiaces.

Ces considérations peuvent sembler relever de la pure science-fiction. En fait, pas vraiment. En 2010, la Corée du Sud a déployé des robots armés sur sa frontière avec la Corée du Nord. En cas d’alerte transmise au quartier général et si les soldats ne parviennent pas à identifier l’intrus, ils peuvent décider de déclencher le tir à balles ou le lancement automatique de grenades par les robots. On se trouve donc plutôt dans le cas des drones télécommandés. Pour l’instant...

M.A.

Michel Alberganti

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