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Le premier oiseau sur Terre ressemblait à une poule

Michel Alberganti, mis à jour le 01.06.2013 à 7 h 42

Le fossile Aurornis découvert dans les archives d'un musée chinois - Photo: Thierry Hubin / Royal Belgian Institute of Natural Sciences

Le fossile Aurornis découvert dans les archives d'un musée chinois - Photo: Thierry Hubin / Royal Belgian Institute of Natural Sciences

Après être resté enterré pendant quelque 160 millions d’années, un fossile a été englouti dans les archives du musée du parc de géologie de Yizou, en Chine. Jusqu’à ce que le paléontologue Pascal Godefroit, de l’institut royal de sciences naturelles de Belgique, ne l’y déniche. Comme quoi une visite approfondie de certaines vieilleries peut se révéler plus fructueuse que des fouilles longues et laborieuses.

Car cet animal fossilisé, qui mesurait environ 50 cm de la queue au bec, pourrait bien être le plus ancien ancêtre connu de la lignée des oiseaux. Les reconstitutions d'artistes lui donne l'aspect d'une poule avec les mêmes capacités limitées pour le vol du fait de ses ailes très courtes mais des pattes très développées qui lui permettaient sans doute de courir vite.

Baptisé Auromis xui, il détrônerait le fameux Archæoptéryx  découvert en 1861 en Allemagne et vieux de 150 millions d’années. Le nouvel oiseau possède un squelette assez primitif pour le placer à la base de la classe des Aves, c'est-à-dire des vertébrés tétrapodes, autrement dit des oiseaux.

Dans l’article paru dans la revue Nature dont il est le principal auteur, Pascal Godefroit analyse les différents ancêtres des oiseaux qui vivaient pendant le Jurassique et le Crétacé, la période qui se termine avec la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d’années. Longtemps, l’Archæoptéryx a été considéré comme le premier dinosaure à plumes et donc le premier oiseau. Mais, en 2011, certains spécialistes ont considéré qu’il était plus proche du groupe des déinonychosaures que de celui des oiseaux alors qu’il semble bien être en mesure de voler. D’où un trouble bien compréhensible chez les paléontologues…


Le spécimen de Berlin d'Archæoptéryx - Image : H. Raab - Wikimedia Commons Licence

L’étude de Pascal Godefroit semble clarifier la situation. Au lieu des 200 caractères morphologiques analysés auparavant, il en a examiné près de 1.500. Résultat: l’Archæoptéryx retrouve sa place d’ancêtre des oiseaux. Simplement, l’Auromis xui est encore plus primitif et ancien.

Chaque nouvelle découverte de ce type, si elle rebat les cartes, permet surtout de suivre d’un peu plus près les expériences réalisées par l’évolution. Peu à peu, au fil des millions d’années, les différentes parties de l’anatomie des oiseaux se sont affinées et perfectionnées pour aboutir à ce que nous connaissons aujourd’hui.

M.A.

Michel Alberganti
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