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Facebook reconnaît qu'il n'est pas assez efficace face aux messages prônant les violences faites aux femmes

Cécile Schilis-Gallego, mis à jour le 29.05.2013 à 12 h 17

Image postée sur le fil Twitter du «Everyday Sexism Project»

Image postée sur le fil Twitter du «Everyday Sexism Project»

Après des jours de pression sur les réseaux sociaux, Facebook a enfin décidé de répondre aux appels à bannir les messages incitant à la haine sexiste.

A l'origine de cette mobilisation, des photos partagées sur le réseau social qui s'amusaient voire encourageaient sur le ton de «l'humour» les violences conjugales et les viols. Cela allant de pair avec des vidéos de viols –réels cette fois– postées par des agresseurs aux Etats-Unis.

Certains utilisateurs qui ont tenté de faire supprimer ces images en les signalant comme offensantes ont vu leur demande refusée par le système de détection de Facebook, comme on peut le voir sur cette image postée sur Twitter:

Mardi 28 mai, Facebook a répondu aux critiques qui pleuvaient sur Twitter dans un billet posté sur le site:

«Ces derniers jours il est apparu que nos systèmes d'identification et de retrait des messages haineux n'a pas réussi à être aussi efficace que nous le souhaitions, en particulier en ce qui concerne la haine sexiste. Dans certains cas, le contenu n'est pas retiré aussi rapidement que nous le souhaitons. Dans d'autres cas, le contenu qui aurait dû être retiré ne l'a pas été ou a été évalué selon des critères obsolètes. Nous travaillons depuis plusieurs mois pour améliorer nos systèmes et répondre aux violations qui nous sont rapportées, mais les directives suivies par ces systèmes n'ont pas réussi à repérer tous les contenus qui ne respecteraient pas nos normes. Nous devons être meilleurs –et nous le serons.»

Des groupes féministes, notamment «Everyday Sexism Project» et «Women Action and the Media», menaient une campagne assidue depuis plusieurs jours contre ces messages sexistes. Dans une lettre ouverte, les activistes demandaient à Facebook le 21 mai dernier de «reconnaître les messages qui banalisent ou glorifient la violence contre les filles et les femmes comme un discours d'incitation à la haine et de s'engager à ne pas tolérer ce type de contenu».

Pour appuyer ces revendications, une pétition –directement adressée à la numéro 2 de Facebook Sheryl Sandberg, connue pour ses prises de position féministes– a été lancée sur le site change.org. Les plus de 225.000 signataires appellent notamment Facebook à «ne pas promouvoir le viol et la culture du viol».

En parallèle, un appel au boycott a été lancé en direction des marques présentes sur le site. Dove a été particulièrement visée, certains internautes dénonçant l'hypocrise d'une entreprise dont la publicité repose sur la «vraie beauté des femmes» mais qui refuse de se retirer d'un réseau social où sont partagés des messages d'incitation à la haine sexiste. Dove n'était d'ailleurs pas la seule marque concernée, les internautes interpellant toute enseigne repérée sur le site avec le hasghtag #Fbrape

Autant d'éléments qui ont conduit en début de semaine une douzaine de marques à annoncer leur retrait du site Facebook. Il n'en fallait pas plus faire réagir les responsables du réseau social. 

Cécile Schilis-Gallego
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