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A cause du mauvais temps, notre salade de fruits attendra

Terra Eco, mis à jour le 28.05.2013 à 15 h 40

La météo plombe la production de fruits et légumes. Il faudra encore être patients pour voir débarquer les abricots. D'ici là, à nous de consommer en conséquence.

Fruit in the arket / jpopesku1 via FlickrCC License by

Fruit in the arket / jpopesku1 via FlickrCC License by

La météo grincheuse n’a pas seulement ruiné votre week-end dans le Cantal. Elle menace aussi la pousse des fruits et légumes français. Le ministère de l’Agriculture dit «son inquiétude» et assure «suivre la situation de très près».

Selon les cultures, la production a entre deux et trois semaines de retard. Les fraises et les cerises ont à peine commencé à pointer le bout de leur nez rouge. La récolte des pêches, des abricots et des nectarines n’a, elle, pas encore commencé, nous apprend Luc Barbier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, qui jure «la nature avance deux fois moins vite que d’habitude, c’est du jamais vu depuis 1945!» Tout en rassurant: «Il y aura beaucoup de retard, mais les volumes de production et la qualité seront au rendez-vous avec les beaux jours.»

Côté légumes, le retard est semblable. «Les pommes de terre, les artichauts et les légumes de printemps vont être décalés d’au moins deux semaines», avance Yvon Auffret, directeur de l’association de producteurs bretons Cerafel (Comité économique régional agricole fruits et légumes). Seuls les légumes en serre, notamment la tomate, sont arrivés à l’heure prévue. Mais le manque de lumière a nécessité une hausse de 10% de la consommation d’énergie dans les serres.

Et, comme pour les autres légumes, elle a entraîné une baisse de production d’environ 15% sur le territoire, indique Jacques Rouchaussé, président des producteurs de légumes de France. «Il y a donc plus de légumes importés sur les étals que les années précédentes», regrette-t-il. «Il n’y aura pas de pénurie. Déjà, la demande est faible quand il ne fait pas beau, les gens en sont encore à faire du pot-au-feu. Et les légumes qui ne sont pas produits seront importés de chez nos voisins ou se trouveront au rayon surgelé», veut rassurer Yvon Auffret.

Pas d’inquiétude donc, je peux cuisiner ma ratatouille du soleil ou ma salade de fruits. Par contre, leur impact carbone risque d’être salé. En gros, les fruits et légumes «de saison» actuellement dans les étals ont beaucoup voyagé ou ont nécessité beaucoup d’énergie pour leur production ou leur transformation. A consommer avec précaution, donc.

Rappelons quelques règles. L’idéal est bien sûr d’acheter vos fruits et légumes en circuit court (on vous explique ici comment faire). Si l’agriculteur du coin n’a pas encore produit de fraises, vous n’en mangerez point. Mais, attention, la proximité ne suffit pas, nous rappelle l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Car de nombreux commerçants importent des légumes venus de loin pour compléter leur offre. L’agence gouvernementale assure donc que «chercher des produits de saison est une piste de progrès plus intéressante pour lutter contre le changement climatique». Et quand y’a plus de saison, comme en ce moment, ma bonne dame? Soyez patients (deux à trois semaines on vous a dit), suivez la vie des champs... et votre instinct. Vous avez envie d’un bon gros gratin ou d’une raclette alors que le mois de juin approche? Allez-y franchement, la ratatouille attendra.

Thibaut Schepman (article paru sur Terra Eco)

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Terra Eco (4 articles)
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