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«The Internship»: la culture Google au centre d'une comédie américaine

The Internship, bande-annonce. Capture d'écran.

The Internship, bande-annonce. Capture d'écran.

Après la CIA, c’est au tour de Google de se prêter au jeu de l’influence et de la propagande soft avec Hollywood. Car si Vince Vaughn et Owen Wilson sont les deux têtes d’affiche de la nouvelle comédie d’Hollywood, The Internship (Les Stagiaires), la vraie star du film sera... Google, comme l’écrit le Los Angeles Times.

L’histoire se déroule sur le campus de la firme californienne de Mountain View, que l’entreprise a aidé à reconstruire pour le tournage. Les services Google Plus, Gmail, Google Maps apparaissent dans le film. Le co-fondateur Sergey Brin en personne fait deux apparitions en tant que figurant.

Une bonne opération de com’ alors que la multinationale qui exerce un quasi-monopole de fait sur la recherche de sites Internet est sous la surveillance des régulateurs et des défenseurs de la vie privée.

Le réalisateur Shawn Levy se défend de l’accusation de publicité de deux heures pour Google, en assurant que l'entreprise n’a pas de droit sur le «final cut», et que la firme n’a pas contribué au budget du film (58 millions de dollars).

Mais il suffit de voir la bande-annonce pour s’en convaincre: The Internship fait certes passer les stagiaires de Google pour de naïfs premiers de la classe à l’insupportable positive attitude, mais le film est tout entier filmé aux couleurs de Google, constituant une formidable campagne d'enrôlement à moindres frais.

Car les motivations des responsables de Google sont très claires: «Le film, affirment-ils, est un moyen d’encourager les jeunes à tomber amoureux des maths et de la science et à s’orienter vers les filières technologiques», écrit le L.A. Times. «La raison pour laquelle nous nous sommes impliqués dans ce film, c’est parce que l’informatique a un problème de marketing», a expliqué le PDG de Google Larry Page lors d’un discours prononcé à l’occasion de la conférence annuelle des développeurs de la firme.

 La «Googleyness» ou philosophie Google, définie comme «la combinaison entre curiosité intellectuelle et volonté de changer le monde», en sort évidemment grandie dans ce film pour lequel Google a proposé des dialogues entre stagiaires pour que les échanges sur des sujets techniques soient crédibles... et propagent cette idée que Google vous veut du bien.

Comme le tranche un professeur de communication de l’université du Massachusetts, Sut Jhally:

«Ça n’est plus nécessaire de faire du placement direct de produit.... Tout l’environnement du film est Google.»

Et la directrice du marketing de Google a une manière subtile et révélatrice de répondre à la question du journaliste quand il lui demande ce qu'en ont pensé ses supérieurs lors de la projection... «Je suis toujours en poste», répond-elle. Le signe qu'elle a bien fait son job.

Comme l'écrivait Alexandre Hervaud sur Slate.fr à propos de ce film, «avec The Social Network, Fincher évoquait en long et en large les débuts de Facebook, [mais] c'est peu dire que le résultat n'était pas le fruit d'une collaboration avec le réseau de Mark Zuckerberg, et aucune opération menée par Facebook n'avait appuyé la sortie en salle du long-métrage».

Tout le contraire de ce qui se passe avec The Internship, pour la sortie duquel un Google Hangout (chat vidéo collectif avec plusieurs internautes connectés en même temps) a même été organisé le 13 février pour lancer la promo du film...

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