Tech & internetLife

«It's complicated»: Les ados n'aiment plus Facebook, mais ils y restent

Amanda Hess, mis à jour le 24.05.2013 à 10 h 50

Un logo de Facebook à travers une loupe à Berne le 19 mai 2012, REUTERS/Thomas Hodel

Un logo de Facebook à travers une loupe à Berne le 19 mai 2012, REUTERS/Thomas Hodel

Selon un nouveau rapport paru cette semaine dans le Pew Internet And American Life Project, Facebook demeure le réseau social le plus utilisé par les adolescents américains.

C'est également le plus détesté.

Alors que certains adolescents interrogés par Pew disent «aimer utiliser» leur profil, la plupart se plaignent de «la présence grandissante d'adultes, de la pression ou d'autres interactions sociales négatives (des drames à répétition), ou le sentiment d'être submergé par les personnes qui partagent trop de choses».

En d'autres termes, Facebook, comme le sait n'importe quel adulte qui a compte, ressemble étrangement à une cour de récré, ou au lycée. 

«Je crois que Facebook peut être sympa, mais c'est aussi une usine à embrouilles, explique une fille de 14 ans. Sur Facebook, les gens font des sous-entendus et disent des choses, même avec un simple "like", qu'ils ne diraient pas dans la vraie vie.»

Une autre continue:

«C'est la compétition pour avoir le plus de "likes" [sur une photo de profil]. C'est un peu votre position sociale.»

94% des adolescents américains ont un profil Facebook, mais cela ne veut pas dire qu'ils l'apprécient.

«Franchement, je suis dessus tout le temps mais je déteste ça», confie une fille de 15 ans à l'institut de sondages.

Si Facebook est comme le lycée, d'autres plateformes sociales peuvent servir d'échappatoire à la structure critiquée. Comme si on séchait les cours en ligne.

«Bien que les embrouilles soient le résultat de dynamiques adolescentes normales, plutôt qu'une caractéristique spécifique à Facebook, les adolescents en veulent souvent à Facebook à cause de l'association négative», analyse Pew.

Les espaces en ligne hors Facebook –qui attirent à peine une fraction de la base d'utilisateurs adolescents de Facebook– deviennent des espaces «où les adolescents cherchent des espaces sans d'adultes, et les adolescents qui veulent éviter les histoires qui accompagnent souvent leurs jeunes vies cherchent à investir des espaces sociaux alternatifs».

Par exemple, sur Instagram, utilisé par 11% des adolescents américains, «les gens ne sont pas aussi méchants parce que tout ce qu'ils veulent, c'est que les gens aiment leurs photos», affirme une fille de 13 ans à Pew.

La forme peut aussi influencer le message: Instagram est perçu comme un environnement chaleureux, alors que sur Facebook, «si les gens disent quelque chose de méchant, cela fait plus mal».

Twitter (utilisé par 26% des adolescents américains) peut permettre d'échapper aux drames de Facebook, car «on peut en dire tellement peu», estime un garçon de 18 ans. «Sur Facebook, ils donnent tellement de détais sur des choses que l'on ne veut pas savoir.»

Snapchat (une appli de photos a priori «éphémères», NDLE –dont Pew n'a pas communiqué le nombre d'utilisateurs) peut aussi soulager les adolescents de la pression qu'exerce Facebook sur leur identité numérique, puisque Facebook enregistre toutes les photos et commentaires de ses utilisateurs et le leur rappelle en permanence. Comme le dit un ado de 13 ans: «C'est mieux parce que je peux choisir une photo très gênante, ils ne la voient que 10 secondes et après c'est bon.»

Enfin, Tumblr (5% d'adolescents américains) aide les adolescents à se détacher complètement de la structure sociale imposée par Facebook.

«J'aime Tumblr parce que je ne dois pas présenter une fausse image de moi-même et je ne dois pas interagir avec des personnes avec qui je n'ai pas envie de parler», dit une fille de 15 ans.

Un garçon de 16 ans affirme aux employés de Pew qu'il s'est inscrit sur Twitter parce que «tout le monde dit que Facebook, c'est mort».

Et pourtant, malgré cet exode de masse apparent, les utilisateurs sont toujours là. Au contraire, les taux d'utilisation de Facebook ont augmenté de 1% entre 2011 et 2012.

Facebok est un mort-vivant: le réseau social le plus populaire, le moins pertinent, où adultes et adolescents restent de peur de rater des choses qui ne les rendent même pas heureux.

Facebook est «un centre majeur d'interactions sociales entre adolescents, à la fois avec les facteurs positifs des amitiés et soutiens sociaux et les facteurs négatifs des attentes sociales et des embrouilles», souligne Pew.

Et puis, sans Facebook, de quoi rirait-on sur Tumblr?

Amanda Hess

Traduit de l'anglais par Daphnée Denis

Amanda Hess
Amanda Hess (35 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte