Partager cet article

Racheté par Yahoo!, Tumblr sera-t-il le nouvel Instagram, YouTube, MySpace ou Geocities?

La patronne de Yahoo! Marissa Mayer, le 13 septembre 2012 à San Francisco. REUTERS/Stephen Lam.

La patronne de Yahoo! Marissa Mayer, le 13 septembre 2012 à San Francisco. REUTERS/Stephen Lam.

Yahoo! a officialisé, lundi 20 mai, le rachat, déjà largement éventé par la presse, de la plate-forme de blogs Tumblr pour 1,1 milliard de dollars (860 millions d'euros) en cash. Une très grosse acquisition qui donne l'occasion à la presse américaine de rappeler celles que Yahoo! a réalisées ces dernières années et ce qu'elles ont donné.

Dans un communiqué enthousiaste ponctué d'un «Fuck yeah», David Karp, le boss de Tumblr, a tenté de rassurer les utilisateurs de la plate-forme sur son autonomie future («Nous ne devenons pas violets» —la couleur de Yahoo!) et s'est félicité de ce que sa société devienne «meilleure plus vite».

La patronne de Yahoo!, Marissa Mayer, a elle résumé le rachat en un GIF et promis que son groupe «ne le ferait pas foirer».

Cela sera-t-il le cas? Les rumeurs de rachat avaient en tout cas fait fleurir ces derniers jours dans la presse américaine des comparaisons, plus ou moins positives, entre l'opération présente et des rachats passés. Tumblr pourrait ainsi devenir...

1. L’Instagram de Yahoo!

La comparaison entre le rachat l’an passé d’Instagram par Facebook et celui de Tumblr par Yahoo! a été nourrie par les points communs entre l’image de marque plutôt hipster des deux plates-forme, le prix d’achat relativement semblable et leur business jugé «embryonnaire». Mais Peter Stabler, analyste de la banque Wells Fargo, sceptique sur le rachat, l’a fortement nuancée:

«Avec Instagram, Facebook s’est débarassé de ce qu’il voyait comme une menace existentielle, un réseau social en croissance rapide opérant sur un segment-clé pour lui: le partage de photos avec des amis. Même si Tumblr a connu une grande réussite en s’imposant comme une plate-forme de blogging d’utilisation facile adoptée par des utilisateurs jeunes (auxquels Yahoo! s’intéresse beaucoup), nous voyons peu de synergies évidentes.»

2. Le YouTube de Yahoo!

AllThingsD compare l'opération au rachat de YouTube par Google, il y a près de sept ans:

«Croissance supersonique? Ouais. Dopée par du contenu généré par les utilisateurs incluant des possibles problèmes de copyright? Tu parles que oui. A peine des revenus à l’heure actuelle? Bien sûr. Un prix supérieur à 1 milliard de dollars? Validé! Oui, tout cela décrit l’accord Yahoo!-Tumblr, mais aussi la décision de Google de racheter YouTube fin 2006.»

Le site pointe néanmoins une poignée de différences, notamment le fait que le prix d’achat représente une somme bien plus importante pour Yahoo! que cela ne l’était pour Google en 2006.

3. Le MySpace de Yahoo!

Cnet avance une autre comparaison —pas de très bon augure pour Yahoo!—, celle avec le rachat de MySpace par le milliardaire australien Rupert Murdoch:

«Il y a bien sûr un gros risque à dépenser 1 milliard de dollars dans une plateforme de blogging qui a pour concurrents essentiels Facebook et Twitter. […] En 2005, Fox a acheté le réseau social MySpace, en croissance très rapide, pour 580 millions de dollars. Puis Facebook est arrivé, et six ans plus tard Fox s’est débarrassé de MySpace pour 35 millions de dollars. »

Le site note néanmoins que Yahoo! est bien plus spécialisé dans les activités Internet que ne l'était News Corp, le conglomérat de Murdoch.

4. Le nouveau Geocities de Yahoo!

Forbes rappelle que, en 1999, Yahoo! avait déjà racheté, à l’époque pour 3,57 milliards de dollars en actions, le service d'hébergement gratuit Geocities, qu’il a fermé en 2009. Points communs: Geocities comme Tumblr avaient bénéficié du soutien financier du capital-risqueur Fred Wilson; les deux avaient du mal à monétiser leur trafic et leur rachat a causé un mouvement de protestation chez les utilisateurs, dont un certain nombre ont fui vers d’autres services.

Mais le magazine note néanmoins que le rachat de Tumblr intervient dans un contexte fort différent en ce qui concerne la pub en ligne, bien plus contextualisée en fonction de l'utilisateur qu'elle ne l'était il y a quatorze ans, et conclut que ce rachat semble pouvoir «faire sens», même s'il est possible de s'interroger sur le prix.

J.-M.P.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte