Le PDG de Google veut créer son propre pays

Larry Page, mai 2012. REUTERS/Eduardo Munoz

Larry Page, mai 2012. REUTERS/Eduardo Munoz

Larry Page a donné un discours particulièrement illuminé lors de la conférence Google I/O. En résumé, il en a marre de la concurrence, de ce que racontent les médias et de la négativité ambiante.

Lors d’une apparition surprise à la conférence Google I/O mercredi 15 mai, le PDG du géant californien Larry Page a pris la parole pour philosopher et répondre à des questions sur les produits de la société, leur rôle dans le monde, et comment Google pourrait résoudre la faim dans le monde.

Larry Page s’est lâché, par la même occasion, sur la politique, les médias, et toutes ces autres mesquines entreprises de technologie qui ne cessent de traiter Google comme un rival au lieu de l'accueillir comme un chef suprême un collaborateur.

Tout a commencé quand un type de Mozilla a posé une question sur le futur du Web et les plateformes mobiles. Larry Page a plongé tête la première:

«J’ai personnellement été assez triste de constater l’attitude de l’industrie sur toutes ces choses. Si vous prenez quelque chose d’aussi simple que la messagerie instantanée, nous avons une offre de partenariat depuis toujours. Rien que cette semaine, Microsoft a profité de cette opportunité en collaborant avec nous. Une seule société ne peut pas On ne peut pas prendre une entreprise pour une vache laitière.»

Il faisait référence au fait que Microsoft a annoncé l’incorporation de Google Talk dans Outlook.com, même si cela ne permet pas à Google d’incorporer les fonctions Outlook dans Gmail. Pourtant, comme l’a remarqué Mike Isaac sur AllThingsD, Page a «oublié» d’évoquer l’épisode où Google a envoyé une lettre de «cease and desist», une procédure juridique leur demandant d’enlever l’application YouTube des smartphones Windows.

Page n’avait pas fini.

«Vous ne pouvez pas vous concentrer sur ce qui est négatif et sur les jeux à somme nulle. Je ne sais pas comment gérer toutes ces choses et je suis triste que le Web n’avance pas aussi vite qu’il devrait. Nous avons du mal avec les gens comme Microsoft.»

Une question sur Oracle et Java l’a relancé.

«Nous avons eu une relation difficile avec Oracle, nous avons même dû aller au tribunal. L’argent est apparemment plus important pour eux que toute collaboration.»

Et puis, c’est aussi la faute des médias.

«Tous les articles que je lis sur Google parlent de notre conflit avec une autre entreprise, ou quelque chose d’idiot. Je ne trouve pas ça très intéressant. Nous devrions construire de grandes choses qui n’existent pas. Nous ne pouvons pas faire de progrès en étant négatifs.»

Pour récapituler, Larry Page a critiqué Microsoft parce qu’ils traitent Google comme un rival, s’en est pris à Oracle qui ferait trop attention à l’argent, et s’est finalement plaint du fait que tout le monde est trop négatif.

Zut alors, si toutes ces entreprises ne lui faisaient pas obstacle, Google aurait probablement déjà résolu la faim dans le monde. Enfin, s’il n’y avait pas toutes ces lois, ces bureaucrates et ces journalistes sur leur chemin également.

Heureusement, Larry Page a eu une idée.

Et si Google construisait son propre pays avec ses propres règles et faisait ce que bon lui semble pour tout le monde? Il a déclaré, songeur:

«Peut-être pourrions-nous mettre de côté une partie du monde. J’aime aller à Burning Man. En tant que technologue, j’estime que nous avons peut-être besoin de quelques endroits sûrs où nous pouvons essayer des choses nouvelles sans avoir à les déployer face au monde entier.»

(Comme l’a remarqué The Verge, «Larry veut un pays en bêta test, les mecs!»)

Larry Page a ensuite déploré que les gens sont réticents à révéler leurs problèmes médicaux, et a spéculé que c'était l’industrie des assurances maladie qui était à blâmer.

«Nous devrions tout changer pour qu’ils soient obligés d'assurer les gens. Peut-être que nous devrions avoir un lieu sûr comme cela dans le monde, pour voir si ça marche.»

A priori, d’autres sociétés de technologie seraient les bienvenues, du moment qu’elles acceptent de donner à Google un accès gratuit à tous leurs produits, et qu’elles ne se préoccupent pas de gagner de l’argent elles-mêmes.

Aidons donc Larry, chers lecteurs. Comment appeler ce pays? Googletopia? Glassachussetts?

Will Oremus

Traduit par Daphnée Denis