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Le télescope Herschel révèle les secrets de cuisine du trou noir de la Voie Lactée

Michel Alberganti, mis à jour le 08.05.2013 à 14 h 22

Le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie vu par le satellite Herschel de l'ESA. - Source: ESA

Le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie vu par le satellite Herschel de l'ESA. - Source: ESA

Que se passe-t-il à proximité du trou noir qui trône au centre de notre galaxie, la Voie Lactée ? Pas facile à dire, a priori… D’abord parce que ce trou noir se situe à la respectable distance de 26.000 années-lumière de notre système solaire.

Cela peut paraître bien lointain, mais cela reste pourtant chez nous. Ce trou noir se trouve ainsi des centaines de fois plus proche que le suivant de même nature, c'est-à-dire situé au centre d’une autre galaxie.

Herschel, qui a cessé son activité depuis peu, avait pointé son télescope vers notre trou noir. Il a ainsi découvert, grâce à sa sensibilité au rayonnement infrarouge qui permet de voir à travers les nuages de poussières, une caractéristique qui surprend les scientifiques. Outre la présence d’une grande variété de molécules (carbone, oxyde de carbone, vapeur d’eau, azote…), Herschel a mesuré la température des gaz qui se situent tout près du trou noir, c'est-à-dire dans la zone d’une année-lumière seulement qui les sépare du grand engloutissement.


Le menu gazeux du trou noir de notre galaxie (ESA)

«Pour la première fois, il a ainsi été possible de distinguer les émissions provenant de la cavité centrale de celles qui sont émises par le disque de molécules dense qui l’entoure», explique Javier Goicoechea, du centre d’astrobiologie de l’Espagne. Et là, grosse surprise. Dans cette région, les gaz se révèlent très chauds, autour de 1.000°C. Rien à voir avec la température habituelle des gaz interstellaires, qui ne dépasse guère quelques dizaines de degrés au-dessus du zéro absolu (-273,15 °C).

Une partie de cette chaleur peut provenir des énormes quantités de rayonnement ultraviolet émis par un groupe d’étoiles massives situé très près du centre de la galaxie. Mais cela ne suffit pas pour expliquer ces 1.000°C…  L’équipe de Javier Goicoechea fait aussi l’hypothèse de chocs très violents qui pourraient se produire en raison des collisions entre les nuages de gaz hautement ionisé de cette région ou de celles provoquées par la matière circulant à haute vitesse et provenant d’étoiles ou d’étoiles naissantes (protoétoiles).

«Cette observation est également cohérente avec les courants de gaz chaud qui se précipitent vers cette région et tombent vers le centre de la galaxie», déclare Javier Goicoechea, qui ajoute: «Le trou noir de notre galaxie est peut-être en train de préparer son dîner juste devant les yeux de Herschel.»

M.A.        

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