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Le clavier Qwerty n'a pas été inventé pour nous forcer à taper plus lentement

Des chercheurs de l'université de Kyoto démontent cette légende.

20090823-Typewriter-2 rahego via Flickr CC License by

Pourquoi les lettres de nos claviers sont-elles positionnées aussi étrangement? Parce qu'il fallait faire en sorte que l'on écrive plus lentement à l'époque des machines à écrire sinon les tiges se bloquaient. L'histoire a été racontée plus d'une fois mais il semblerait que ce soit une légende. C'est en tout cas ce que rapporte le magazine américain The Smithsonian. 

Le clavier Qwerty –utilisé dans les pays anglo-saxons mais aussi en Espagne et dans les pays scandinaves– fait bien des curieux (en France, on utilise un clavier Azerty). Les mythes s'accumulent depuis longtemps autour de son origine. Parmi les plus farfelues, celle qui veut que l'un des inventeurs, James Daugherty, aurait placé côte-à-côte les dernières lettres de son nom, E-R-T-Y, afin de le taper plus rapidement. 

En réalité, c'est dans le morse qu'il faudrait chercher l'origine du clavier popularisé par Remington à la fin du XIXe siècle. Des chercheurs de l'université de Kyoto sont arrivés à cette conclusion après avoir étudié l'évolution dans le temps des types de clavier et de leurs utilisateurs. Ils s'intéressent notamment à la transition entre le clavier aligné par ordre alphabétique et le système Qwerty, comme le résume The Smithsonian: 

«Le système Qwerty est né de l'usage que l'on faisait des machines à écrire. Parmi les premiers utilisateurs on comptait des télégraphistes qui avaient besoin de transmettre rapidement des messages. Cependant, les télégraphistes trouvaient que l'alignement alphabétique était confus et inefficace pour traduire des messages en morse.»

Du clavier ou du dactylo, ce serait donc le second qui est arrivé le premier. Pourtant ce système n'est pas le plus efficace pour la saisie de l'anglais. L'inventeur du Qwerty lui-même, Christopher Latham Sholes, n'était pas sûr que le système était optimal. Parmi les alternatives, la disposition Dvorak, développée dans les années 1930:

«Les utilisateurs du clavier Dvorak rapportent une frappe plus rapide et plus précise, en partie parce que le système augmente le nombre de mots qui peuvent être écrits avec le rang de touches "home", c'est-à-dires celles où les doigts se reposent naturellement.»

Aujourd'hui, ce type de clavier parait anachronique à l'heure des smartphones et des tablettes. Un nouveau clavier, le KALQ, vient d'être mis au point spécialement pour ces supports. Comme l'explique Cécile Dehesdin:

«Des chercheurs en ingénieurie informatique ont mis au point KALQ, un nouveau design de clavier optimisé pour les pouces, rapporte PSmag, espérant le voir remplacer nos claviers classiques. Leur objectif était d'augmenter le nombre de fois où l'on alterne les pouces (pouce droit puis gauche puis droit, etc), et de minimiser la distance que les pouces ont à traverser.»

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