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La pornographie va enfin avoir sa revue scientifique

Cécile Schilis-Gallego, mis à jour le 06.05.2013 à 15 h 25

Erotique francisco.j.gonzalez via Flickr CC License by

Erotique francisco.j.gonzalez via Flickr CC License by

La pornographie ne sera désormais plus cantonnée aux rayons surélevés des marchands de journaux. C'est dans une revue scientifique qu'on pourra également la trouver, rapporte The New York Times. Sujet encore tabou dans le milieu universitaire, la pornographie devient lentement un phénomène de société auquel les chercheurs peuvent légitimement s'intéresser du point de vue de la sociologie, de la culture ou de la philosophie. 

Pour lire Porn Studies, il va tout de même falloir attendre un peu. La revue, dont le premier numéro sortira au printemps 2014, est éditée par deux universitaires britanniques, Feona Attwood et Clarissa Smith qui affirment publier «la première revue scientifique spécialisée internationale qui explore de façon critique ces produits et services culturels désignés comme pornographiques et leurs contextes culturel, économique, historique, institutionnel, légal et social».

Leur démarche a d'ores-et-déjà été saluée par une partie de leurs pairs qui déploraient le dénigrement de la pornographie comme champ d'étude. L'historienne Julie Peakman qui a publié un livre sur le sujet est enthousiaste:

«Nous avons longtemps attendu une revue académique qui traite du sujet de la représentation de la sexualité humaine avec le sérieux qu'elle mérite. J'attends avec impatience un débat vivant et discipliné au croisement de différentes disciplines.»

La pornographie a progressivement fait son chemin dans le milieu universitaire. The New York Times cite notamment des événements tels que la Sex Week organisée tous les deux ans à Yale depuis 2002 et qui a été critiquée «pour avoir pimenté l'offre éducative avec des tombola de sex-toys et des conférences données par des stars du porno».

Plus récemment, la normalisation de la pornographie se serait accélérée avec l'arrivée du «momy porn». Pour The Guardian, le best-seller d'E.L. James, Cinquante nuances de Grey, a créé un climat propice à la création de la revue. La trilogie sera d'ailleurs l'un des sujets d'étude de Porn Studies qui rassemblera à la fois des essais et des commentaires de texte. 

Les tabous autour de la pornographie vont-ils totalement tomber? Si l'on en croit The Guardian, l'étude de la pornographie, ou «porn studs» comme l'appelleront sûrement les étudiants, donnera au moins une excuse aux lecteurs peu précautionneux de magazines érotiques. Maintenant, le porno, c'est du sérieux. 

Cécile Schilis-Gallego
Cécile Schilis-Gallego (105 articles)
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