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L'Univers en infrarouge selon Herschel

Michel Alberganti, mis à jour le 01.05.2013 à 8 h 00

Le télescope spatial Herschel - Image: ESA

Le télescope spatial Herschel - Image: ESA

Les images prises par le télescope spatial Herschel  se reconnaissent au premier coup d’œil. Sans doute en raison de leur dominante chaude. Lundi 29 avril 2013, le satellite s’est éteint. Après 35 000 observations, 600 programmes scientifiques et 25 000 heures de travail effectif, Herschel a fermé son œil perçant, faute de carburant. Depuis son lancement, le 14 mai 2009 depuis Kourou à l’aide d’une fusée Ariane 5, le satellite de 3,3 tonnes  aura consommé toute sa réserve de 2300 litres d’hélium qui lui permettaient de refroidir ses instruments jusqu’à 0,3 K, c'est-à-dire tout près du zéro absolu (-273,15°C).


Un trou dans l'espace découvert par Herschel - Image: ESA

Depuis son point d’observation, à 1,5 million de km de la Terre, Herschel a pointé son miroir de 3,5 mètres de diamètre pour capter les plus infimes sources de chaleur cachées au sein de l’Univers à l’aide de ses capteurs infrarouges. Contrairement à son collègue Planck, avec lequel il a partagé la même fusée, il ne balaye pas l’ensemble de la sphère céleste. Herschel, lui, pointe son télescope sur des régions très précises de l’espace. Il y a cherché les traces de la formation des étoiles et des galaxies au cours de l’histoire de notre Univers. Il a enquêté sur les nuages de poussières interstellaires, la matrice des futures étoiles. Il a analysé la composition chimique des astéroïdes et des comètes de notre système solaire, traquant les origines des planètes et les traces d’eau.


Vapeur d’eau autour d'une jeune étoile, TW Hydrae - Image: ESA

« Herschel nous a fourni une nouvelle image de l’Univers jusqu’alors caché », résume Göran Pilbratt, le responsable scientifique du projet à l’ESA. Il est sans doute trop tôt pour réaliser la synthèse de la masse des observations d’Herschel. Mais, déjà, on peut noter quelques jalons de ses quatre années de travail dans l’espace. Depuis ces nuages de gaz froid situés près de l’axe de la Voie Lactée (octobre 2009) montrant des usines à étoiles ressemblant à des perles enfilées sur un collier cosmique,  jusqu’à ces arcs orangés étranges détectés autour de Bételgeuse (janvier 2013).

En passant par la découverte d’un trou dans l’espace, NGC 1999, témoin de la fin du processus de formation des étoiles (mai 2011). Ou la détection de la vapeur d’eau émise par le disque de poussière entourant une jeune étoile, TW Hydrae, âgée de seulement 5 à 10 millions d’années et située à 176 années-lumière de la Terre, et la révélation d’un réservoir d’eau de la taille de milliers d’océans (octobre 2011). Ou encore de l’observation de la ceinture de poussière autour de l’étoile Fomalhaut qui semble résulter de la collision et de la destruction, chaque jour, de milliers de comètes glacées (avril 2012).


La nébuleuse de la Carène vue par Herschell - Image: ESA

Sans parler de l’extraordinaire image des bulles géantes et des cascades de nuages de poussière et de gaz emplissant la nurserie à étoiles de la nébuleuse de la Carène. Grâce à sa sensibilité extrême aux rayonnements infrarouges, Herschell a réussi l’exploit d’égaler et parfois de surpasser les images du pionnier Hubble. Grâce à Herschel, notre vision de l’Univers a définitivement perdu sa froideur. 


Mission Herschel par LEXPRESS

M.A. 

Michel Alberganti
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